Justin Trudeau veut les brise-glaces de Davie

L’«Astérix», à son inauguration au chantier maritime Davie en juillet. Selon le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, le chantier a réussi à prouver la qualité de son travail avec ce navire.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne L’«Astérix», à son inauguration au chantier maritime Davie en juillet. Selon le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, le chantier a réussi à prouver la qualité de son travail avec ce navire.

Les négociations pour la location des quatre brise-glaces du chantier maritime Davie par le gouvernement fédéral débuteront vendredi, a affirmé le premier ministre Justin Trudeau jeudi matin à l’antenne de Radio-Canada à Québec lors de son passage dans la région.

« Demain matin, à 9 h, vont commencer les négociations entre Davie et la Garde côtière pour acheter des brise-glaces, a-t-il dit en entrevue. Oui, c’est une bonne nouvelle. On entre en négociations, mais on pense qu’on va pouvoir trouver une solution. »

Ces propos semblent avoir causé la surprise parmi les dirigeants de Davie. Ils tranchent avec ceux que le premier ministre avait tenus quelques jours plus tôt lors d’une entrevue avec La Presse canadienne. M. Trudeau n’avait alors rien promis pour les 800 travailleurs du chantier mis à pied après la fin des travaux sur le navire de ravitaillement Astérix en décembre. Il se disait alors prêt à entendre leurs doléances lors de son passage à Québec.

« On est agréablement surpris de l’intention ferme que M. Trudeau a signalée ce matin à Québec, a déclaré en entrevue le porte-parole de Davie, Frédérik Boisvert. Pour nous, c’est une nouvelle ère entre le chantier Davie et le gouvernement Trudeau. »

L’entreprise presse le gouvernement depuis quelques mois de lui octroyer de nouveaux contrats. Le chantier situé à Lévis avait été écarté en 2011 de la Stratégie de construction navale élaborée par le gouvernement conservateur précédent. L’entreprise connaissait alors d’importantes difficultés financières.

Environ 300 travailleurs pourraient donc retourner travailler sur le chantier, selon les besoins qui seront exprimés par la Garde côtière lors des négociations. Trois des quatre brise-glaces commerciaux sur lesquels Davie a mis une option d’achat sont en Europe, tandis que le quatrième est en Floride. L’entreprise estime pouvoir les rapatrier en deux ou trois semaines pour entamer leur conversion. L’un de ces brise-glaces pourrait même être utilisé cet hiver au besoin.

À quand la stratégie de construction navale ?

« Tant mieux s’il y a une ouverture enfin sur la question des brise-glaces, a déclaré le premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Je salue la déclaration de M. Trudeau, je l’accueille favorablement parce que nos gens ont besoin de travailler. »

Il a rappelé que le chantier a réussi à prouver la qualité de son travail avec l’Astérix. M. Couillard estime que « la discussion n’est pas terminée » sur la commande par Ottawa d’un deuxième navire de ravitaillement intérimaire à Davie et il invite le gouvernement Trudeau à revoir la Stratégie de construction navale pour que le Québec obtienne sa part des prochains contrats.

« Moi, je ne peux pas accepter, comme premier ministre du Québec, que la Davie demeure écartée de ça », a-t-il fait valoir lors d’un événement à Montréal.

La Confédération des syndicats nationaux (CSN) entend maintenir la pression sur le gouvernement Trudeau même si elle se dit satisfaite du dénouement de jeudi. « Cependant, il ne s’agit que d’une étape pour assurer la pérennité des emplois et de Davie, le plus grand chantier naval au Canada », a souligné son président, Jacques Létourneau, dans un communiqué.

Il révèle qu’il a eu un entretien à ce sujet avec le premier ministre mercredi et que d’autres discussions devraient avoir lieu à l’avenir.

Pour le député bloquiste Michel Boudrias, la location des brise-glaces à Davie est l’équivalent « d’un respirateur artificiel » qui permet au gouvernement Trudeau de calmer le jeu. « Ce n’est pas assez pour assurer le plein-emploi au chantier », a-t-il fait valoir par communiqué, en soulignant qu’il a bon espoir de pouvoir faire entendre raison au gouvernement.

2 commentaires
  • Jean-Yves Arès - Abonné 19 janvier 2018 12 h 43

    Avec un tel titre il n'y a plus rien a négocier.


    On veut ceux le David, point barre.

    Donc "l'appel d'offre" est factice puisqu'on affirme en partant le fournisseur qu'on veut.

    Et une fois les travaux et les déboursés commencés l'entreprise a beau jeux de faire gonfler la facture a souhait.

    • Michèle Cossette - Abonnée 20 janvier 2018 15 h 21

      Quelle mauvaise foi. La Davie a livré l'Astérix à temps et sans aucun dépassement de coût. Les chantiers navals de Vancouver et des Maritimes ne peuvent en dire autant.