80 économistes appellent à ne plus investir dans les énergies fossiles

Des installations de raffinage du groupe pétrolier et gazier Total à Anvers, en Belgique
Photo: Emmanuel Dunand Agence France-Presse Des installations de raffinage du groupe pétrolier et gazier Total à Anvers, en Belgique

Paris — Près de 80 économistes de 20 pays, dont les Américains Jeffrey Sachs et James Galbraith, appellent à la « fin des investissements dans les énergies fossiles » dans une déclaration lancée par l’ONG 350.org et publiée jeudi avant le sommet climat de mardi.

« Nous appelons à la fin immédiate de tout investissement dans de nouveaux projets de production et d’infrastructures de combustibles fossiles, et encourageons une hausse significative du financement des énergies renouvelables », dit la déclaration signée aussi par le Français Patrick Criqui, Tim Jackson (Université du Surrey), Charles Palmer (London School of Economics), le Suédois Thomas Sterner, les Japonais Takeshi Mizuguchi et Shuzo Nishioka ou encore l’ex-ministre et économiste grec Yanis Varoufakis.

« Le président français et d’autres dirigeants se sont déjà exprimés sur la nécessité d’un soutien financier accru aux solutions climatiques, mais ils n’ont rien dit sur l’autre partie de l’équation : les financements qui continuent à être accordés à de nouveaux projets de production et d’infrastructures charbonnières, gazières et pétrolières », ajoute le texte.

« Il est temps que l’ensemble des acteurs économiques mondiaux se tourne pleinement vers des énergies renouvelables sûres », et « les institutions de développement comme les investisseurs publics et privés ont la responsabilité urgente et l’obligation morale de montrer la voie », dit encore l’appel, évoquant une « transition inévitable » et les occasions d’affaires qui y sont liées.

« La communauté des investisseurs a le pouvoir de créer les conditions pour rendre ce changement possible », soulignent les signataires, appelant à « construire une économie saine tout en protégeant les salariés du secteur de l’énergie, les communautés et en tenant compte des limites écologiques d’une planète finie ».

Les émissions de gaz à effet de serre, à l’origine d’un dérèglement du climat sans précédent, sont liées pour les trois quarts à la combustion des énergies fossiles. Selon les études scientifiques, il faudra écourter l’exploitation des réserves en cours si le monde veut rester sous le seuil critique de 2 °C de réchauffement.

Emmanuel Macron organise mardi à Paris un sommet consacré au financement des politiques climatiques, auquel participeront dirigeants politiques et d’institutions financières.

Les ONG environnementales, 350.org, mais aussi de nombreuses autres (France Nature Environnement, Greenpeace France, Réseau GE Power, qui n’a pas anticipé la chute des prix de l’électricité de gros et l’effondrement des commandes de turbines, veut économiser 1 milliard en coûts structurels en 2018.Action Climat, Fondation pour la nature et l’homme…), ont appelé à un rassemblement à Paris mardi sur le thème « pas un euro de plus pour les énergies du passé ».


 
1 commentaire
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 8 décembre 2017 17 h 10

    On devrait...

    faire suivre cet article à la direction de Desjardins...