Loblaw fermera 22 magasins

Au Québec, Loblaw exploite les enseignes Provigo et Pharmaprix. Les magasins Loblaws ne sont plus présents dans la province depuis 2015.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Au Québec, Loblaw exploite les enseignes Provigo et Pharmaprix. Les magasins Loblaws ne sont plus présents dans la province depuis 2015.

Vancouver — Les Compagnies Loblaw ont annoncé mercredi la fermeture de 22 magasins et le lancement d’un service de livraison à domicile dans deux grandes villes canadiennes, à l’approche d’une nouvelle année qui, selon elles, s’annonce particulièrement difficile.

Le géant des supermarchés et pharmacies a finalisé un plan qui entraînera la fermeture de 22 magasins non rentables parmi l’ensemble de ses enseignes et types d’établissements, a précisé dans un courriel la porte-parole Catherine Thomas, sans nommer les magasins touchés. Les fermetures devraient être essentiellement achevées d’ici la fin du premier trimestre de l’an prochain.

« Nous sommes excités quant à notre avenir. Mais avec tous les vents contraires, nous nous attendons à ce que 2018 soit une année très difficile », a affirmé le chef de la direction de Loblaw, Galen Weston, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes, à la suite de la publication des résultats trimestriels de l’entreprise. Les épiciers canadiens subissent de la pression sur plusieurs fronts, dont ceux des rabais et des détaillants en ligne, ainsi que celui des hausses de salaires minimums dans certaines provinces.

Loblaw a déjà pris ces derniers mois certaines décisions que des analystes ont attribuées, au moins en partie, aux pressions des coûts. La société a récemment annoncé l’imposition de nouveaux frais de manutention à ses plus grands fournisseurs. Le mois dernier, elle a aussi mis à pied 500 de ses employés de bureau. Loblaw n’a pas immédiatement indiqué si ce nombre était compris dans les pertes d’emplois liées aux fermetures de magasins à venir.

Le détaillant, qui détient les enseignes Provigo et Pharmaprix au Québec, met en outre les bouchées doubles pour améliorer ses offres en ligne, notamment avec le lancement d’un service de livraison à domicile en collaboration avec la californienne Instacart. Le service sera offert à Toronto à compter du 6 décembre et à Vancouver à compter de janvier. Les consommateurs pourront passer une commande à un magasin précis depuis le site Web ou l’application d’Instacart, et Loblaw effectuera ensuite la livraison.

« Ce service vise les consommateurs qui recherchent le nec plus ultra sur le plan pratique », a observé M. Weston. Les livraisons coûteront 3,99 $ pour les commandes de 35 $ ou plus. Leur prix sera majoré à 5,99 $ si le client veut une livraison en moins d’une heure et à 7,99 $ pour les commandes de moins de 35 $, a expliqué le chef des activités d’Instacart, Nilam Ganenthiran. Les consommateurs débourseront aussi des frais de service de 7,5 %, a précisé Mme Thomas, précisant que les prix seraient plus élevés en ligne qu’en magasin. Les rabais offerts sur Instacart ne seront pas non plus les mêmes que ceux offerts en magasin. Les consommateurs ne pourront pas acheter d’alcool en ligne, ni échanger ou accumuler des points du programme de fidélisation PC Plus par l’entremise d’Instacart.

Loblaw, qui avait indiqué en 2016 ne pas avoir l’intention de lancer de service de livraison à domicile en raison de l’absence de demande de ses clients, prévoit maintenant une expansion rapide de ce programme tout au long de la prochaine année.

Loblaw a affiché mercredi un bénéfice du troisième trimestre plus de deux fois supérieur à celui réalisé à la même période l’an dernier. Ses résultats ont notamment été gonflés par la vente de ses activités de stations-service. Le bénéfice s’est établi à 883 millions, soit 2,24 $ par action, pour le trimestre clos le 7 octobre. En comparaison, le détaillant avait réalisé un bénéfice de 419 millions, ou 1,03 $ par action, pour la même période l’an dernier. Le chiffre d’affaires a grimpé à 14,19 milliards, en regard de celui de 14,14 milliards du troisième trimestre de 2016. Les résultats comprenaient un gain de 432 millions lié à la vente des activités de stations-service de Loblaw à Brookfield Business Partners.