Broadcom offre 130 milliards pour Qualcomm

Le secteur des semi-conducteurs est en proie à une intense consolidation.
Photo: Justin Sullivan / Getty Images / Agence France-Presse Le secteur des semi-conducteurs est en proie à une intense consolidation.

New York — Le groupe de semi-conducteurs Broadcom a annoncé lundi une offre de rachat non sollicitée sur son concurrent américain Qualcomm, pour un montant total de 130 milliards, dette comprise.

Ce serait l’une des plus grosses opérations de ce type dans les nouvelles technologies.

Les actionnaires de Qualcomm, un des fournisseurs d’Apple, se voient proposer 70 $US par action. La valeur de la transaction qui est de 130 milliards de dollars tient compte d’une reprise de dette de 25 milliards. Broadcom, basé à Singapour mais qui veut revenir aux États-Unis, paierait cette somme en partie en numéraire, et en partie avec ses propres actions.

« Nous sommes prêts à engager immédiatement des discussions avec Qualcomm pour signer un accord définitif et terminer rapidement cette transaction », a indiqué Thomas Krause, le directeur financier de Broadcom. « Le conseil d’administration de Qualcomm, en consultation avec ses conseillers financiers et juridiques, va examiner la proposition afin de déterminer la décision qui serait dans l’intérêt des actionnaires », a réagi l’entreprise.

Qualcomm est lui-même engagé dans le rachat de son concurrent néerlandais NXP, une transaction valorisant ce dernier à 47 milliards de dollars. Broadcom a précisé que sa proposition de rachat était valable, que Qualcomm réussisse ou non à racheter NXP.

Une intense consolidation du secteur

Le secteur des semi-conducteurs est en proie à une intense consolidation : les grands acteurs du secteur, désireux de changer d’échelle pour mieux se positionner sur un marché de plus en plus concurrentiel, ont multiplié les acquisitions ces dernières années. Ils anticipent également le passage de la 4G à la 5G avec la coexistence des ordinateurs et les smartphones avec les voitures autonomes et « l’Internet des choses ».

Le japonais Softbank a ainsi racheté récemment le britannique Arm Holdings pour 28,5 milliards d’euros, tandis que le géant des puces informatiques Intel a proposé 16,7 milliards de dollars pour le groupe américain Altera. En 2015, Broadcom était lui-même né du rachat du groupe américain du même nom par le groupe américano-singapourien Avago Technologies pour 37 milliards de dollars. La nouvelle entité avait conservé le nom de Broadcom.

Un possible mariage Broadcom-Qualcomm pourrait se voir opposer le veto des autorités de la concurrence, les deux sociétés étant des acteurs de premier plan dans les technologies wi-fi et Bluetooth et le second faisant déjà l’objet d’enquêtes pour position dominante dans de nombreux pays, dont les États-Unis.