Une image positive pour l’industrie éolienne québécoise

Les 39 parcs éoliens du Québec ont une puissance installée d’environ 3500 MW.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Les 39 parcs éoliens du Québec ont une puissance installée d’environ 3500 MW.

À la lumière d’un récent sondage, l’industrie éolienne a une image positive dans la population québécoise, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de travail d’éducation à faire, a indiqué un responsable de la firme Léger à des représentants du secteur lors de leur congrès annuel.

Selon le sondage effectué en juin auprès de 1000 Québécois, 78 % des répondants sont « plutôt favorables » au développement de parcs éoliens, tandis que 42 % des répondants disent « plutôt mal » et « très mal » connaître l’industrie.

« Il y a un travail à faire encore, sur ce qu’est l’éolien », a dit Éric Normandeau, stratège-conseil chez Léger Marketing, devant un auditoire de gens de l’industrie et d’investisseurs. Il s’est exprimé dans le cadre d’une table ronde qui comprenait aussi des représentants de l’industrie, du monde juridique et des relations publiques.

La table ronde, organisée dans le cadre du congrès annuel de l’Association canadienne de l’énergie éolienne, portait sur les perspectives de l’industrie. Celle-ci se trouve dans une situation où le marché québécois est fermé aux nouveaux appels d’offres pour l’instant, étant donné les surplus d’Hydro-Québec. En parallèle, le Nord-est américain a soif d’énergies renouvelables, et les experts québécois dans le domaine souhaitent profiter de cette occasion.

« Les gens associent des concepts positifs à l’éolien, a dit M. Normandeau. Toutefois, ce qui est négatif est très petit, et ça comprend les arguments économiques, comme celui selon lequel ça coûte plus cher que les grands barrages. Vous avez à travailler un argumentaire économique autour de l’industrie éolienne. »

Évolution des prix

Cet argument du coût élevé remonte aux premières années du développement de la filière éolienne. L’évolution des technologies a fait chuter les prix. Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement a indiqué dans un rapport l’an dernier que l’éolien « devient ainsi compétitif par rapport au prix d’acquisition de nouvelle électricité provenant de sources hydroélectriques ». Le prix moyen des trois projets retenus au cours du dernier appel d’offres d’Hydro-Québec était de 6,3 ¢/kWh.

Au chapitre de l’acceptabilité des projets dans le passé, les enjeux entourant l’implantation de sites éoliens ont porté sur les conditions de vie des populations se trouvant à proximité, l’aspect visuel, les vibrations à basse fréquence et le traitement des plaintes.

Outre les occasions commerciales qu’elle doit développer au cours des prochaines années, notamment pour les réseaux autonomes et les marchés d’exportation, l’industrie pourrait peut-être « en profiter pour aller au bout des questions d’acceptabilité sociale », a estimé Me Pierre-Luc Desgagné, ancien vice-président aux affaires corporatives et secrétaire général d’Hydro-Québec. Il travaille au cabinet Langlois depuis février 2017.

« Je vois dans ma nouvelle vie que beaucoup d’efforts ont été faits, mais que des choses ressortent parfois quand vient le temps d’installer un projet dans certaines régions, a dit Me Desgagné. L’industrie ne devrait pas attendre que de nouvelles questions fassent partie de l’espace public, elle devrait les attaquer dès le début. »

Les 39 parcs éoliens du Québec, développés en grande partie par le privé dans le cadre de quatre appels d’offres d’Hydro-Québec Distribution, ont une puissance installée d’environ 3500 MW. En guise de comparaison, les centrales hydroélectriques ont une puissance installée de 36 400 MW.


 
2 commentaires
  • Jean-Yves Arès - Abonné 6 octobre 2017 13 h 07

    Sondage ou pub ?


    La nature même d'un service de sondage commandé par une entreprise ne peut pas être considéré autrement que comme une pub quand elle prend la forme qu'on retrouve dans celle-ci.

    Une entreprise privée qui commande un sondage (d'une entreprise tout aussi privée) sur la perception du public n'est pas une étude indépendante et neutre. Dans le présent cas l'entreprise souhaite évidement que le sondage donne comme résultat une perception positive de la part du public. Et le sondeur lui souhait que son client soi satisfait et y trouve son utilité.

    Juste a tire d'exemple, prenez le traitement graphique de la page 8 et 9 qui couvre deux questions complémentaires: pourquoi êtes-vous défavorable a l'éolien, et pourquoi y êtes-vous favorable.

    Les graphiques ici sont utilisés pour faire des représentations visuelles comparatives des perceptions. Idéalement ces deux graphiques auraient dû se retrouver sur la même page, ce qui aurait permis une comparaison défavorable/favorable des différents points.
    Mais tel que présentés, avec deux échelles de représentativité des pourcentages différentes, la chose aurait été impossible tant l'intention de bien faire paraitre le coté favorable saute aux de celui qui y porte attention.

    Pour que la représentation faite soit honnête il faudrait que les barres représentaives de pourcentage de la page 8 soient 3.3 fois plus longue...

    Subtilement on présente donc au lecteur les réponses favorables 3.3 fois plus visibles que celles défavorables !

    Si l'on est prêt a faire une telle contorsion sur la présentation de mesure comparatives, comment croire que les autres paramètres du travail, qui sont moins visibles, n'ont pas été fait avec des distorsions semblables ?

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 6 octobre 2017 19 h 42

    Je crois que c'est une très bonne approche...

    que fait François Desjardins avec cet article. Après tout ce que l'on a dit au sujet de
    la déconfiture d'Énergie Est, il est fort pertinent de continuer à éduquer les citoyens sur les modes alternatifs de production d'énergie propre. L'éolien en est un mode....Il s'agit de garder les yeux bien ouverts afin qu'éthique, pratique et technologie fassent bon ménage.