Un appel d’offres déterminant prend fin ce jeudi

Les Innus de Pessamit, une communauté située près de Baie-Comeau, reprochent à Hydro-Québec d’avoir dévasté la rivière Betsiamites et sa population de saumons avec sa centrale hydroélectrique.
Photo: Bill Sikes Associated Press Les Innus de Pessamit, une communauté située près de Baie-Comeau, reprochent à Hydro-Québec d’avoir dévasté la rivière Betsiamites et sa population de saumons avec sa centrale hydroélectrique.

À la veille de la date limite du dépôt des soumissions d’un appel d’offres déterminant pour l’avenir du projet de ligne d’interconnexion Northern Pass, Hydro-Québec doit maintenant faire face aux critiques des Innus de Pessamit.

C’est ce jeudi à midi que prend fin la période de dépôt des soumissions de l’appel d’offres lancé le 31 mars dernier par l’État du Massachusetts, qui sollicite un approvisionnement à long terme de 9,45 térawattheures d’énergie propre par année.

Après avoir vu un important appel d’offres de trois États de la Nouvelle-Angleterre lui échapper l’automne dernier, Hydro-Québec a déjà fait savoir qu’elle misera notamment sur l’appel de propositions du Massachusetts pour rentabiliser le projet Northern Pass.

Cette ligne de transport développée par la société d’État avec son partenaire américain Eversource doit relier le Québec et le New Hampshire pour alimenter le réseau de la Nouvelle-Angleterre. Sa mise en service est prévue en 2019.

Les propositions des différents fournisseurs participant à l’appel d’offres du Massachusetts seront rendues publiques par le gouvernement de l’État américain peu après l’échéance de ce jeudi.

Nouvelles critiques

Le projet Northern Pass a déjà fait l’objet de critiques des deux côtés de la frontière : au Québec pour la sauvegarde du massif forestier du mont Hereford, en Estrie, et au New Hampshire pour la protection des paysages des montagnes Blanches.

La société doit maintenant composer avec les Innus de Pessamit, une communauté située près de Baie-Comeau, qui tentent de bloquer le projet. Ils ont plaidé leur cause la semaine dernière devant le Site Evaluation Committee du New Hampshire, qui a le mandat d’analyser la ligne d’interconnexion.

La communauté autochtone reproche notamment à Hydro-Québec d’avoir dévasté la rivière Betsiamites et sa population de saumons avec sa centrale Bersimis-2, laquelle contribuerait selon elle à produire de l’énergie transportée par la future ligne Northern Pass.

Hydro-Québec a rejeté ces allégations, en soulignant qu’elle « gère l’exploitation de ses 62 centrales dans le respect des lois, des règlements et des autorisations en vigueur ».

« L’énergie propre acheminée à nos voisins du sud provient de l’ensemble de [notre] réseau électrique, et non pas d’une région ou d’une centrale particulière », a fait valoir la société d’État.