La Grèce accepte encore de faire des réformes

Un passage couvert à Athènes. «La situation ne s’améliore pas en Grèce et c’est quelque chose dont nous sommes responsables», a commenté le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.
Photo: Louisa Gouliamaki Agence France-Presse Un passage couvert à Athènes. «La situation ne s’améliore pas en Grèce et c’est quelque chose dont nous sommes responsables», a commenté le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

Athènes a cédé vendredi aux exigences de réformes voulues par ses créanciers, dans l’espoir de recevoir une manne d’argent frais lui permettant d’éviter le danger d’un défaut de paiement.

« La bonne nouvelle aujourd’hui, c’est que nous avons résolu les gros problèmes concernant les réformes à faire et maintenant, nous n’avons plus qu’à parcourir la dernière ligne droite », a déclaré le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion des 19 ministres des Finances de la zone euro à La Valette.

« Je veux saluer l’accord de principe qui intervient après plusieurs mois de travail difficile. […] Le moment est venu de mettre fin à l’incertitude sur l’économie grecque », a renchéri le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

Le gouvernement grec a accepté de s’engager sur des mesures économiques qu’il devra mettre en oeuvre en 2019 et 2020 pour satisfaire ses bailleurs de fonds, ce qui devrait dégager la voie au versement d’une nouvelle tranche de crédit.

Une manne d’argent frais dont Athènes aura bientôt besoin puisqu’il doit rembourser des créances de plus de 7 milliards d’euros en juillet.

Depuis des mois, les discussions piétinaient entre Athènes et ces bailleurs de fonds (zone euro et FMI), ce qui bloquait la poursuite du troisième plan d’aide de 86 milliards d’euros consenti en juillet 2015 et qui court jusqu’en juillet 2018.

Selon M. Dijsselbloem, le gouvernement grec est maintenant prêt à effectuer des coupes supplémentaires dans les retraites en 2019 et à augmenter les impôts en 2020.

M. Dijsselbloem, qui est également ministre néerlandais des Finances, a souligné l’importance d’arriver rapidement à un accord final : « La situation ne s’améliore pas en Grèce et c’est quelque chose dont nous sommes responsables. Cela prend trop de temps. »

Le retour présumé de la Grèce à la croissance en 2016 — sur lequel tablait Bruxelles — a en effet d’ores et déjà été démenti par les dernières estimations, début mars, de l’Office grec des statistiques, selon lesquelles le produit intérieur brut (PIB) a stagné l’an passé.

De son côté, le ministre grec des Finances, Euclid Tsakalotos, a promis que les réformes sur lesquelles il s’était engagé pour 2019 et 2020 seraient examinées le plus tôt possible par le Parlement grec, où le parti de gauche Syriza, auquel il appartient, dispose d’une majorité très étroite.

Accroître les dépenses

M. Tsakalotos a souligné que les créanciers avaient accepté que si la Grèce parvenait à atteindre les objectifs budgétaires demandés, elle pouvait accroître ses dépenses à caractère social.

Et, selon lui, l’épineuse question de l’allégement de la dette grecque devrait être réglée avant l’été. « Nous serons prêts pour que toutes les pièces du puzzle soient en place pour la discussion sur l’allégement de la dette », a-t-il dit.

« Si les discussions s’enlisent, l’incertitude va revenir », a souligné M. Tsakalotos. « Personne ne veut le retour de la crise grecque », a-t-il martelé, faisant référence au psychodrame de l’été 2015, lorsque la Grèce avait failli sortir de la zone euro.

Les créanciers de Grèce, FMI et zone euro, sont divisés sur la question de la dette grecque. Le Fonds monétaire international (FMI), pour l’instant simple conseiller technique dans le troisième plan d’aide — alors qu’il avait eu un rôle majeur dans les deux premiers —, préconise un allégement substantiel de la dette.

Ce que l’Allemagne, principal créancier de la Grèce, refuse. Berlin insiste cependant pour que le FMI participe financièrement au programme.

Se félicitant des progrès réalisés, le FMI a souligné vendredi dans un communiqué la nécessité de discussions avec les Européens sur une « stratégie crédible » d’allégement de la dette, avant qu’il n’envisage de participer financièrement au troisième plan d’aide.

Une question très certainement au menu des discussions le 21 et 22 avril lors de la réunion annuelle du FMI à Washington, à laquelle participent les ministres de la zone euro.