Les gens continueront de voyager malgré le terrorisme, selon TUI

La pyramide du Louvre, à Paris. Quelque 2 millions de touristes se sont détournés de la Turquie, l’Égypte et la Tunisie cette année, au profit de l’ouest de la Méditerranée.
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse La pyramide du Louvre, à Paris. Quelque 2 millions de touristes se sont détournés de la Turquie, l’Égypte et la Tunisie cette année, au profit de l’ouest de la Méditerranée.

Berlin — Le patron du numéro un mondial du tourisme TUI a assuré jeudi que les gens « veulent toujours voyager » malgré la menace terroriste et l’instabilité de certaines destinations clés, et que les chiffres du tourisme allaient grimper cette année.

« Les gens veulent toujours voyager, mais ils voyagent différemment », a déclaré Fritz Joussen, patron du géant germano-britannique, lors d’une conférence téléphonique jeudi. « Le nombre total de touristes sera supérieur à l’an dernier » cette année, a-t-il prédit, notant que sur les quinze dernières années, une seule, 2009, avait affiché un recul — sur fond de récession économique mondiale.

M. Joussen a décrit une forme d’accoutumance aux mauvaises nouvelles, qui ferait que les touristes se laisseraient de moins en moins décourager. « Plus il y a d’incidents, plus les gens acceptent que le monde est instable, et qu’on ne peut pas y faire grand-chose », a-t-il dit.

Les attentats dans de nombreux pays, l’instabilité politique dans d’autres, ont certes conduit à la désaffection de certaines destinations comme la Turquie, l’Égypte et la Tunisie, mais au profit d’autres, a-t-il expliqué. Parmi les clients de TUI, qui se recrutent pour beaucoup en Allemagne et au Royaume-Uni, quelque 2 millions se sont détournés cette année de ces pays, au profit de l’ouest de la Méditerranée, et notamment de l’Espagne.

Le groupe, basé en Allemagne et coté à la Bourse de Londres, a publié jeudi ses résultats du troisième trimestre (avril à juin). Il a accusé un recul de 6 % sur un an de son chiffre d’affaires pour la période, à 4,6 milliards d’euros. Il impute ce résultat à « la date de Pâques » (qui était l’an dernier en avril, mais cette année en mars, donc le trimestre précédent), « des réservations en baisse pour l’Afrique du Nord et la Turquie et les conséquences sur l’environnement de marché des attaques terroristes, par exemple à l’aéroport de Bruxelles ».


Prudemment optimiste

TUI s’affiche néanmoins prudemment optimiste pour le reste de l’année, et entend atteindre ses objectifs de rentabilité, avec une hausse prévue cette année d’au moins 10 % de son bénéfice d’exploitation. Celui-ci a augmenté de 24 % sur un an au troisième trimestre, à 150 millions d’euros.

Son concurrent Thomas Cook a abaissé le mois dernier sa prévision de bénéfice annuel après une chute de 93 % de son résultat courant trimestriel. TUI est moins exposé que Thomas Cook à la Turquie, une destination qui souffre de la dégradation des conditions de sécurité et de la tentative de coup d’État du 15 juillet, peut-on lire dans un article de l’agence Reuters.

Le groupe bénéficie par ailleurs du renforcement de sa présence sur le segment des hôtels haut de gamme, pour lesquels les réservations se font plus tôt dans l’année, ce qui lui permet d’avoir moins recours que Thomas Cook à des remises massives en fin de saison, expliquent des analystes.

Jeudi, TUI a précisé avoir écoulé 87 % de son programme estival. Il a dit que le vote des Britanniques en faveur de la sortie de leur pays de l’Union européenne le 23 juin ne semblait pas avoir freiné les réservations de ses clients britanniques. « Nous sommes également satisfaits du début de la saison de vente pour l’hiver 2016-2017 et l’été 2017 », a déclaré son directeur général dans un communiqué.