Maîtres chez nous… mais un peu à l’étroit

Le plan stratégique de la société d’État repose notamment sur l’augmentation du chiffre d’affaires afin de dégager un bénéfice net supérieur à ce qu’il est actuellement.
Photo: Teb Nad Getty Images Le plan stratégique de la société d’État repose notamment sur l’augmentation du chiffre d’affaires afin de dégager un bénéfice net supérieur à ce qu’il est actuellement.

Pour stimuler sa croissance, Hydro-Québec visera des transactions se situant entre 250 millions et 2,5 milliards dans des pays « politiquement stables » démontrant un potentiel de croissance, a affirmé son président mercredi après avoir dévoilé le plan stratégique 2016-2020.

La société d’État, qui veut doubler ses revenus d’ici 2030, cherchera à s’établir dans des pays « qu’on peut aider et au sein desquels on peut acheter des actifs dès le départ et ensuite continuer à croître », a dit Éric Martel lors d’une conférence de presse en marge d’un discours devant l’Association de l’industrie électrique du Québec.

Pour ce faire, Hydro-Québec a récemment remis sur pied l’équipe spécialisée en fusions et acquisitions, a dit M. Martel, arrivé aux commandes du producteur hydroélectrique il y a un an en provenance de Bombardier Aéronautique. « On a fait savoir aux gens du milieu de l’investissement qu’on était de retour,a-t-il dit. On s’intéresse à six ou sept projets, mais je ne peux pas dévoiler les détails pour l’instant. Si on peut faire du gré à gré, tant mieux, mais souvent on va devoir compétitionner. »

M. Martel, selon lequel la société d’État « a des discussions assez avancées à certains endroits », a insisté sur l’importance pour Hydro-Québec de s’en tenir à des projets « qui ne présentent pas de grands risques, mais qui vont valoriser nos compétences ». Rien ne garantit une transaction d’ici la fin de l’année, a-t-il dit.

Hydro-Québec, par l’entremise de sa filiale Hydro-Québec international, a déjà détenu des actifs à l’étranger, notamment au Chili (Transelec) et au Pérou (Transmantaro). Sur les huit projets, six ont été rentables, selon M. Martel. La structure juridique de HQI existe encore, a-t-il ajouté.

Le plan stratégique de la société d’État repose notamment sur l’augmentation du chiffre d’affaires afin de dégager un bénéfice net supérieur à ce qu’il est actuellement. En 2015, Hydro-Québec a enregistré un bénéfice net de 3,15 milliards et versé au gouvernement un dividende de 2,36 milliards. Elle veut que le bénéfice atteigne 5,2 milliards en 2030, desquels 900 millions seraient attribuables aux activités hors Québec et à la commercialisation de ses « innovations » et 300 millions proviendraient d’une hausse des exportations.

La société d’État et le gouvernement du Québec se sont déjà engagés à limiter les hausses tarifaires à l’inflation, Hydro-Québec voulant davantage miser sur des améliorations de productivité et d’efficacité.

Service à la clientèle

À plus brève échéance, Hydro-Québec veut retrouver la confiance des consommateurs résidentiels, dont le taux de satisfaction est passé de 91 % en 2009 à 82 % en 2015. L’objectif est de retourner à 90 % d’ici 2020, a dit Éric Martel.

Invité à dire ce qui s’est passé à ce chapitre, M. Martel a été prudent. « Je ne suis pas capable de juger ça, mais avec l’équipe, on a mis beaucoup d’importance là-dessus. On a relevé nos normes et on s’est comparés à ce qui se fait ailleurs. L’an dernier, on avait des temps de réponse de 205 secondes, alors qu’au premier trimestre on était à 96 secondes. Je ne veux pas spéculer, mais il y avait peut-être des pressions sur autre chose. Il ne faut jamais perdre le client de vue. »

Par ailleurs, Hydro-Québec souhaite attirer des entreprises qui voudraient construire des centres de données à tarif « abordable ». La société dit disposer de terrains totalisant 25 millions de pieds carrés (2,3 millions de mètres carrés). Certaines entreprises sont déjà passées à l’action, comme Amazon, Microsoft et Ericsson. « Je ne veux pas quelque chose de compliqué, a dit M. Martel à l’auditoire. Les investisseurs, c’est souvent pas patients. Ils n’ont pas quatre ans pour chercher un projet. Ils ont peu de temps. »