Les prix baissent, la consommation augmente

Photo: David McCrew Agence France-Presse

La croissance de la consommation planétaire de pétrole va s’accélérer cette année, stimulée par les prix bas et la croissance économique mondiale, parallèlement à une production toujours en progression, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui observe toutefois un début de rééquilibrage de l’offre.

Dans son rapport mensuel publié mercredi, l’agence prévoit qu’en 2015 la demande mondiale augmentera de 1,6 million de barils par jour (mbj) à 94,2 mbj, portée par une « croissance économique qui se consolide » et une baisse des prix de l’or noir conduisant « les consommateurs à utiliser plus d’essence ». Il s’agit de « la plus forte envolée de croissance en cinq ans », souligne l’AIE qui a revu à la hausse de 260 000 barils par jour sa prévision pour 2015, notamment en raison d’une demande estimée plus forte aux États-Unis, en Chine, en Russie et au Brésil.

Par ricochet, elle table sur une demande en progression de 1,4 mbj à 95,6 mbj en 2016, soit une augmentation de 410 000 barils par jour par rapport à sa précédente estimation.

Un peu plus prudente dans ses prévisions, l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP) a prévu mardi une hausse de la demande de 1,38 million de barils par jour en 2015, soit une augmentation de 100 000 barils par rapport à ses estimations du mois dernier. Pour 2016, l’organisation évoque une accélération de la demande de l’ordre de 1,34 mb/j, liée à un rebond de la croissance mondiale à 3,5 %, contre 3,2 % cette année.

Offre en hausse

Côté producteurs, « l’offre globale continue de croître à toute allure […] en dépit d’un effondrement des prix du pétrole », indique l’AIE qui pointe « le pompage musclé » des principaux membres de l’OPEP, Arabie Saoudite et Irak en tête. L’agence ne décèle aucun ralentissement de la part du cartel depuis qu’il a décidé, en novembre dernier, de ne pas réduire sa production pour contrer l’expansion du pétrole de schiste.

Néanmoins un processus de « rééquilibrage a clairement commencé », affirme l’agence basée à Paris. L’offre de pétrole en provenance de pays non membres de l’OPEP devrait « décélérer tout au long de la fin de l’année et décliner en 2016 », en particulier aux États-Unis, estime l’AIE.

Mais ce processus de rééquilibrage est « susceptible de se prolonger compte tenu d’une offre excédentaire qui devrait perdurer tout au long de 2016 » et conduire à une accumulation des stocks de pétrole, nuance l’agence internationale. « Même avec un ralentissement de la production non-OPEP et une croissance plus forte de la demande, un surplus assez important demeure », ajoute-t-elle précisant que ses prévisions ne tiennent pas compte d’une éventuelle augmentation de la production iranienne avec une levée des sanctions.

Pour sa part la Banque mondiale estimait lundi qu’une levée des sanctions contre l’Iran aurait un impact important sur les marchés mondiaux du pétrole en faisant baisser les prix du baril de brut de 10 $US dès 2016.

D’ores et déjà, les prix des barils ont perdu quelque 10 $US en un mois, sous l’effet d’un surplus de l’offre de pétrole et du dollar fort, explique l’AIE. Le baril de Brent de la mer du Nord s’échange actuellement autour de 49 $US, contre 59 le mois dernier, et le « light sweet crude » à New York, à environ 43 $US (contre 53 $ mi-juillet).