La hausse des prix de février a défié la logique du marché, dit l’OPEP

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a mis en garde contre une envolée des prix malgré une légère révision à la hausse de sa prévision de demande.
Photo: Archives Agence France-Presse L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a mis en garde contre une envolée des prix malgré une légère révision à la hausse de sa prévision de demande.

Vienne — La nette hausse des prix pétroliers observée en février sur les marchés à terme « défie les fondamentaux » alors que le marché mondial reste structurellement excédentaire, estime l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) dans son rapport mensuel publié lundi.

Alors que les prix ont augmenté de quelque 20 % en février après avoir atteint un plus bas en janvier, le marché reste marqué par un excédent d’offre approchant un million de barils par jour (mbj), rappelle le cartel. L’OPEP a en effet laissé inchangées ses prévisions d’offre et de demande moyennes en 2015. La demande devrait selon elle s’établir à 92,4 mbj, en hausse de 1,17 mbj par rapport à 2014.

En enregistrant une forte hausse depuis janvier, les marchés à terme ICE Brent et Nymex WTI ont ainsi défié les fondamentaux, puisque « l’offre mondiale continue à être supérieure à la demande », note l’OPEP.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a également mis en garde vendredi contre une envolée des prix malgré une légère révision à la hausse de sa prévision de demande.

En pratique, et malgré des prix demeurant bas, l’offre des pays n’appartenant pas au cartel doit selon l’OPEP augmenter de 0,85 mbj cette année, en raison principalement du développement de l’exploitation du pétrole de schiste. Le cartel de douze pays a, de son côté, respecté le mois dernier le plafond de production de 30 millions de barils par jour qu’il s’est fixé, à 30,02 mbj, après 30,16 mbj en janvier. Mais selon les propres calculs de l’OPEP, la demande moyenne adressée au cartel est de 29,2 mbj.

En novembre, l’organisation avait cependant décidé de maintenir son plafond à 30 mbj, l’Arabie saoudite, notamment, refusant que le cartel joue les variables d’ajustement sur le marché mondial.

La Russie, deuxième exportateur mondial de pétrole, est susceptible de perdre 135 milliards de dollars cette année en raison de la chute des prix du brut, relève également l’OPEP.

Avec un prix moyen de « 55 $US le baril pendant un an, la Russie gagnerait quelque 135 milliards de dollars de moins en 2015 qu’en 2014 », soit « l’équivalent de 10 % du PIB », calcule le cartel. « Le pays fait face à de grands défis en raison des sanctions, de la dévaluation du rouble et de la chute des prix du pétrole. »

Alors que les hydrocarbures représentent 70 % des exportations de Moscou, « chaque baisse de 1 dollar du prix du pétrole représente un manque à gagner de 3 milliards pour les exportations annuelles de la Russie », rappelle l’OPEP, dont ne fait pas partie la Russie.

Pour son calcul, le cartel s’est basé sur un prix moyen annuel de 100 $US le baril en 2014, comparé aux 55 $US affichés par son panier de référence en février. Depuis, le prix du panier a baissé à 51,66 $US le baril vendredi 13 mars, dernier jour publié par l’OPEP.

L’organisation table sur une baisse de la production russe à 10,51 millions de barils par jour cette année, contre 10,58 en 2014. Elle évoque « l’impact des sanctions, les prix bas et le manque de grands projets devant être achevés ».