Au troisième jour, Jacques Daoust s’est excusé

Jacques Daoust
Photo: Jacques Boissinot La Presse Canadienne Jacques Daoust

Après trois jours de polémique, le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, rend les armes et présente ses excuses aux entrepreneurs régionaux.

À Bordeaux, en France, où il participe à la mission dirigée par le premier ministre Philippe Couillard, M. Daoust a fait volte-face mercredi, en acceptant ce qu’il avait refusé la veille, soit de s’amender pour les propos controversés tenus récemment. « Si cela a pu blesser des gens, je m’en excuse », a commenté le ministre en point de presse.

Dimanche, au cours d’une entrevue accordée à La Presse canadienne, M. Daoust disait notamment que le gouvernement n’avait pas à sauver à tout prix toutes les entreprises en difficulté. Il ajoutait que l’État n’avait surtout pas à protéger l’ego d’un entrepreneur en faillite, même s’il était un des piliers de sa localité. « Ça fait surtout mal à l’ego en région, parce que quand vous êtes le roi du village, et que vous devez faire faillite, c’est difficile », racontait M. Daoust dans l’entrevue, soulevant aussitôt l’ire des partis d’opposition.

Plus particulièrement, le député péquiste de Saint-Jérôme, Pierre Karl Péladeau, jugeait ses propos méprisants envers les entrepreneurs régionaux et qualifiait son raisonnement de « simpliste ». Il exigeait des excuses.

Questionné à ce propos mardi, M. Daoust avait refusé de s’excuser d’avoir utilisé l’expression controversée « roi du village ». Mercredi, il changeait son fusil d’épaule : « Si le choix des mots a été mauvais, je m’en excuse », a-t-il dit, en ajoutant que son objectif était au contraire de « célébrer » l’apport des « entrepreneurs à succès » en régions.

« Le développement économique commence d’abord par les régions », a-t-il poursuivi, se disant « vraiment désolé » de la tournure des événements et de l’interprétation donnée à ses propos.

Mais M. Péladeau a jugé mercredi que ce n’était pas encore suffisant. Selon lui, M. Daoust s’est excusé quant aux mots utilisés, « mais pas sur le fond de sa pensée ». Dans un communiqué de presse, il a demandé de nouveau au ministre « de cesser de dénigrer les régions et leurs entrepreneurs » et d’arrêter de « banaliser » les pertes d’emplois survenues à la suite de fermetures d’entreprises situées en région.

Mardi et dimanche, le ministre Daoust plaidait aussi pour changer le modèle d’intervention de l’État dans l’économie, en se prononçant en faveur d’un gouvernement moins interventionniste. Il disait vouloir promouvoir un État qui prendra des participations directement dans des entreprises, plutôt que les subventionner.

Mercredi, il a dit que les programmes de son ministère s’adressaient principalement aux entrepreneurs régionaux et que son objectif était précisément de « développer l’entrepreneurship en région ».


 
7 commentaires
  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 5 mars 2015 04 h 51

    Le rôle de l'état

    "Il disait vouloir promouvoir un État qui prendra des participations directement dans des entreprises, plutôt que les subventionner."

    Donc le gouvernement deviendre actionnaire de la compagnie.
    Il devra participer au conseil d'administration, voter les décisions, être imputable. Et dire que les libéraux veulent diminuer l'appareil administratif de l'état Québécois.
    Expliquez moi quéqu'un sans me dire que c'est une autre incongruité des libéraux.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 5 mars 2015 14 h 29

      Tout est dans la nuance...

      Le gouvernement ne doit surtout jamais "dénigrer les régions", mais le ministre a tellement raison de proclamer haut et fort que dorénavant "l'aide gouvernementale" ne sera plus jamais un bar ouvert à tous ceux qui prétentent, sans avoir vraiment fait leurs preuves, mériter le titre "d'entrepreneur au Québec".

  • Gilles Théberge - Abonné 5 mars 2015 08 h 03

    Trois petits tours et puis s'en vont...

    Une petite pirouette : honnn! si le choix des mots a été mauvais....! Ben oui justement. C'est pas si, c'est exactement ça. Le choix des mots a été mauvais. Et les mots reflète exactement le fond de sa pensée...

    Cessez de vous désoler monsieur le ministre. Réfléchissez avant d'ouvrir la bouche. Vous n'aurez pas par la suite à balbutier des excuses auxquelles personne ne croît

  • Jacques Gagnon - Abonné 5 mars 2015 11 h 06

    Un vrai chemin de croix

    Jésus tombe pour la première fois sous le poids de la croix. Un petit répit après, il rencontre sa mère.

  • Francois Cossette - Inscrit 5 mars 2015 12 h 25

    Baptême, ca va prendre du duck tape !!!!

    Si le village a son roi, selon mr daoust, il a aussi son idiot. Il nous a démontré qu'il peut très bien remplir ce rôle a québec.

    Y a pas a dire avec ce gouvernement chaque semaine amene son lot de betises. Une suggestion pour mr couillard, du duck tape.

  • Daniel Bérubé - Inscrit 5 mars 2015 13 h 52

    N'ont pas a soutenir

    les entreprises en région...

    Alors, si les régions sont importantes pour eux... mais ne mérite pas leurs soutient, pourquoi alors soutenir avec des crédits d'impôts de 20 ans les multinationales ?

    Au niveau des affaires municipales, j'apprenais au début de la semaine que ma municipalité n'avait aucun droit, ne serais-ce qu'un crédit de taxes municipales de 5 ans, pour aider une coopérative alimentaire à se mettre en marche dans mon village... mais lui peut émettre des crédits d'impôts pouvant représenter des millions, et ce pour 20 ans... De plus, la coopérative alimentaire doit s'approvisionner, en période saisonnière, de produits locaux, souvent frais du jour, et créatrice d'emplois dans le village !

    Synonyme d'illogisme ? = Politique.