CSeries, deuxième essai

Trois autres appareils suivront cet automne, alors qu’ils se doteront des nouveaux moteurs.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Trois autres appareils suivront cet automne, alors qu’ils se doteront des nouveaux moteurs.

Bombardier aéronautique confirme que les essais en vol de ses avions CSeries, suspendus depuis un incident de moteur survenu le 29 mai, ont repris dimanche. L’avion a décollé d’une piste de l’usine de Bombardier à Mirabel en fin d’après-midi et y est revenu un peu plus tard.

 

Le feu vert a été donné au vol après un examen et une analyse en profondeur de l’incident lié aux moteurs survenu au cours des essais stationnaires de maintenance au sol de l’avion FTV1 CSeries en mai. Pratt Whitney, en collaboration avec Bombardier, affirme avoir pris des mesures appropriées pour résoudre le problème, dont la modification du circuit d’huile du moteur. Les autorités gouvernementales fédérales avaient permis la reprise des essais.

 

Trois autres appareils suivront plus tard cet automne, alors qu’ils se doteront des nouveaux moteurs. L’appareil ayant subi des dommages à son aile en fibre de carbone en mai est en réparations et se joindra aux essais.

 

Le vice-président du programme CSeries, Rob Dewar, a dit croire à l’entrée en service des nouveaux appareils CS100 dans la deuxième moitié de 2015, le plus imposant CS300 devant suivre environ six mois plus tard. Avant l’essai de dimanche, l’avion avait complété 330 des 2400 heures de vol requises pour obtenir la certification de Transport Canada.

 

Les analystes sont désormais divisés au sujet de Bombardier. Dans un rapport diffusé le 2 septembre, Noah Poponak, de Goldman Sachs, recommandait aux investisseurs de se départir de leurs actions de l’avionneur montréalais. Mais il abaissait faiblement son cours-cible, qui est passé de 3,20 $, à 3 $. « Nous estimons qu’il faudra six mois de plus pour obtenir la certification [de l’avion] et que le premier CS100 sera livré [au cours de la] première moitié de 2016 », a-t-il écrit. D’après l’analyste, la moyenne mensuelle des essais en vol devra atteindre 160 heures afin de respecter l’échéancier actuel. « Cela ne risque pas de se produire compte tenu des essais en vol effectués avant l’incident [du 29 mai] […] ainsi que des risques de voir d’autres problèmes survenir au cours des prochains mois », a-t-il ajouté.

 

De son côté, même si Dominion Bond Rating Service (DBRS) a laissé la cote de crédit de l’entreprise à BB (faible), cela n’empêche pas l’agence de notation torontoise d’estimer que Bombardier fait face à plusieurs défis. « DBRS pourrait réviser négativement la cote de Bombardier si la compagnie annonce d’autres hausses de coûts de programmes, d’autres retards dans l’entrée en service de la CSeries ou d’autres changements qui feraient grimper l’endettement », a souligné l’analyste Viktor Vorobiev.

 

À l’inverse David Tyerman, de Canaccord Genuity, prône plutôt la patience, puisqu’il estime qu’à long terme, le recul du dollar canadien ainsi que la restructuration de la division aéronautique de Bombardier devraient stimuler ses profits. « Notre recommandation d’achat s’adresse aux investisseurs patients », a-t-il mentionné dans une note envoyée par courriel.

 

Auparavant, l’analyste Chris Murray, d’Altacorp Capital Research, disait croire que le retard accumulé depuis le 29 mai dernier pourrait bien repousser les premières livraisons. « L’échéancier est plus serré que jamais avec 330 heures accumulées sur les quelque 2400 nécessaires, écrivait-il dans une note. Un autre retard devrait repousser les premières livraisons en 2016. » M. Murray estimait toutefois que Bombardier a intérêt à prendre son temps pour démontrer que son nouvel avion commercial répond aux attentes concernant sa performance plutôt que de se dépêcher pour respecter son échéancier de 2015.

 

Le carnet de commandes de la CSeries compte un engagement pour 513 appareils, dont 203 commandes fermes. Bombardier souhaite atteindre 300 commandes fermes avant les premières livraisons de l’appareil.

 

Trois autres appareils suivront cet automne, alors qu’ils se doteront des nouveaux moteurs.

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