L’humanité vit à crédit

Élevage illégal de bétail dans un parc national au Brésil. La population mondiale pourrait donner un coup de pouce à la Terre en consommant moins de viande.
Photo: Antonio Scorza Agence France-Presse Élevage illégal de bétail dans un parc national au Brésil. La population mondiale pourrait donner un coup de pouce à la Terre en consommant moins de viande.

La population mondiale vit à crédit à partir de ce mardi : elle a consommé en huit mois l’intégralité des ressources que la Terre peut produire sans compromettre leur renouvellement, a calculé l’ONG Footprint Network qui réalise ce bilan chaque année.

 

« Pour le reste de l’année, notre consommation résultera en un déficit écologique croissant qui puisera dans les stocks de ressources naturelles et augmentera l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère », souligne l’ONG basée aux États-Unis.

 

Le « jour du dépassement » ne cesse de survenir de plus en plus tôt dans l’année, c’est-à-dire que l’humanité engloutit son « bugdet écologique » de plus en plus vite.

 

Ce jour était tombé le 21 octobre en 1993, le 22 septembre en 2003, et l’an dernier, il avait eu lieu le 20 août.

 

L’humanité est « entrée en situation de dette écologique » dans les années 70, selon l’ONG WWF. « Aujourd’hui, 86 % de la population mondiale vit dans des pays qui demandent plus à la nature que ce que leurs propres écosystèmes peuvent renouveler », poursuit-elle dans un communiqué.

 

Selon Global Footprint Network, il faudrait une planète et demie pour produire les ressources écologiques renouvelables nécessaires pour soutenir l’empreinte actuelle de l’humanité.

 

Même si les chiffres sont mauvais, « nous pouvons encore prendre des mesures audacieuses et construire un avenir prospère, fondé sur l’utilisation durable des ressources. Mais il faut agir maintenant », déclare la directrice des programmes de conservation du WWF France, Diane Simiu.

 

Energies renouvelables, régimes alimentaires moins riches en viande, en finir avec l’économie linéaire (produire-jeter) et se convertir à l’économie circulaire où les déchets des uns sont les ressources des autres, ou encore repenser l’urbanisme sont autant de pistes mises en avant par l’ONG.

11 commentaires
  • Yvan Croteau - Inscrit 20 août 2014 08 h 42

    La subversion de la responsabilité : Une solution d'équilibre !

    Dans la nature, depuis toujours, il y a eu des mécanismes d'autorégulation afin de contrôler les populations vivantes. Les unes après les autres ont été forcé soit de s'adaptater soit de disparaître. L'espèce humaine est sur le point de disparaître par sa faute. À l'échèlle géologique ce n'est pas un problème. Le temps humain ne compte pas dans la balance. Ce que l'humanité pourrait faire pour prolonger son séjour serait de s'imposer des mécanismes d'autorégulation. Par exemple, lorsqu'une personne dépasse, par sa consommation, son intrêt sur le capitale-nature elle serait mise en quarantainte et ses avoir seront utilisé pour restaurer son bilan écologique. S'adapter ou disparaître, voilà la question !

  • Carol Létourneau - Abonné 20 août 2014 09 h 02

    Surpopulation

    L'espèce humaine menace tout l'écosystème et elle-même. La nature fait en sorte que l'équilibre soit maintenu mais l'homme se croit au dessus de tout, exclu de toute prescription. Les écologistes refusent de reconnaître que la surpopulation humaine menace l'équilibre naturel et prétendent que la faute est la surconsommation. Il y a aveuglement dans le cas de la surpopulation. Mais alors comment freiner la croissance. La Chine a fait sa part avec sa prescription de l'enfant unique. Ici, on subventionne la fécondation in vitro pour les couples homosexuels alors que l'homosexualité peut contribuer à la solution. On cherche à tout prix à prolonger la vie de quelques semaines ou mois pour des malades en phase terminale. On cherche à sauver à tout prix des enfants nés avec des conditions de santé qui affecteront affreusement leur qualité de vie et celle de leur entourage. Ailleurs, on procrée sans compter et on jette des populations entières dans la misère. Cela a l'avantage de la sélection naturelle, qui renforce l'espèce. Par contre, on se scandalise avec raison devant la misère.

    Vraiment! l'Homme est un loup pour l'Homme. Peut-on imaginer une espèce vivante sur Terre capable de si grandes choses être aussi capable des pires bêtises? Je suis sûr que la nature aura le meilleur sur l'Homme. Voyant comment vont les choses, je le souhaite.

  • Julie Carrier - Inscrite 20 août 2014 09 h 16

    La vraie question

    Sommes-nous juste assez intelligent pour seulement comprendre et RÉALISER ce qui se passe à l'instant présent..?

    Imaginez pour le reste.....

  • Yves Capuano - Inscrit 20 août 2014 11 h 51

    La vraie nature maladive de l'écologisme...

    J'apprécie l'honnêteté de commentaires comme celui de Carol Létourneau. Les fondements anti-humanistes de la pensée verte y sont clairement exposés: Il y a trop d'humains sur terre et il faut réduire la population humaine. Le malthusssianisme existe depuis le 19e siècle. Cette philosophie prétend, à tort, que les ressources physiques de l'humanité sont limitées et que, en conséquence, plus la population sera grande, plus la population sera pauvre. Cette philosophie s'est révélée fausse pour la simple raison que le propre de l'être humain est la raison humaine, et que cette raison humaine permet le développement de technologies qui augmentent sans cesse les possibilités de production en créant de nouvelles ressources plus abondantes et plus productives. Ainsi les ressources en eau sur la terre deviendront un jour presque infinies en déssalant l'eau de mer par exemple et les progrès en agriculture permettent de produire toujours davantage par mètre carré exploité. On est passé successivement par le bois, le charbon, le pétrole et maintenant l'atome permet de fournir l'énergie nécessaire à l'augmentation de l'espèce humaine.

    On voit comment les solutions extrêmes autrefois proposées par les nazis commencent à s'appliquer de plus en plus: l'euthanasie pour les personnes âgées en fin de vie et bientôt pour tous les "indésirables" de la société ( "On cherche à sauver à tout prix des enfants nés avec des conditions de santé qui affecteront affreusement leur qualité de vie et celle de leur entourage." ). Voilà la vraie nature de l'écologisme, qui est de ramener l'homme vers l'animal...

    • Laurent Cormier - Abonné 20 août 2014 14 h 02

      Malheureusement, ce n'est qu'une petite fraction de la population mondiale qui consomme l'essentiel des ressouces. Par exemple, en énergie équivalente, la chine consommerais 4-5 fois moins que nous per capita et l'Inde au moins 10 fois moin.

      Par contre, vous avez raison sur un point, notre consommation abusive dépend de la surpopulation des pays pauvres pour permettre l'accès à une main d'oeuvre bon marché pour la production.

    • Simon Chamberland - Inscrit 20 août 2014 19 h 19

      M. Capuano,

      Vous venez d'écrire le plus beau ramassis de préjugés que j'ai pu lire depuis longtemps.

      Au contraire, l'écologie est une science et celle-ci nous informe que pour qu'une majorité d'humains survive, il faut prendre des mesures radicales.

  • Albert Descôteaux - Inscrit 20 août 2014 15 h 09

    La fin du monde

    De tout temps, les prophètes de malheur ont annoncé la fin du monde. À une époque pas si lointaine, dans ma jeunesse, c'étaient les missiles et la guerre nucléaires qui menaçaient l'humanité.

    Je préfère demeurer optimiste, je crois en la capacité de l'humain à s'adapter et trouver des solutions aux situations que le menacent. La surpopulation et la surconsommation sont deux graves problèmes très réels: si les populations ne font rien pour les régler, la nature s'en chargera. Entretemps, faudrait bien s'occuper du problème de l'intégrisme religieux...

    • Simon Chamberland - Inscrit 20 août 2014 19 h 19

      La capacité de s'adapter commence par comprendre le problème auquel on fait face.

    • Albert Descôteaux - Inscrit 20 août 2014 21 h 49

      En effet, et le problème est pas mal plus complexe que ce qui est rapporté dans les médias de masse.

    • Julie Carrier - Inscrite 21 août 2014 08 h 57

      Votre commentaire reflète le malaise de notre époque i.e. la pensée magique que tout s'arrange tout seul, les problèmes qui sont pour les autres et non dans ma cour, l'incapacité par la cupidité, la stupidité, de voir la réalité des problèmes, dont le plus important et je nomme le réchauffement global..C'est la constance d'un climat qui régularise la biodiversité, qui permet aux ressources de se renouveller, pas l'inverse. Sans climat adéquat, pas d'environnement adéquat pour rien donc pas d'économie saine donc non-viable à long terme. La vision à court terme de nos politiciens et dirigeants, le capitaliste sauvage, l'exploitation effrénée des ressources et la destruction systématique des écosystèmes mèneront tôt ou tard l'humanité dans un gouffre intolérable pour chaque espèce sur Terre.

      Non, rien, et j'en suis désolée, ne se répare tout seul, surtout pas ce qui est maintenant irréparable. Fermer les yeux n'était pas la bonne solution.

      Sur un point, vous avez raison. Oui, " la nature s'en chargera " , mais pensez-vous vraiment que ce changement sera positif pour vous et notre biosphère..??