Le Brésil, un géant énergétique en devenir

Paris – Le Brésil, actuellement 13e producteur mondial de pétrole, devrait grimper au sixième rang en 2035, multipliant également sa production de gaz par cinq et celle d’énergies renouvelables par deux, a prédit mardi l’Agence internationale de l’Énergie (AIE).

 

« Sur la base des récentes découvertes offshore, la production pétrolière du Brésil triple pour atteindre 6 millions de barils par jour en 2035 », prévoit l’AIE dans son rapport annuel de référence, le World Energy Outlook. Ce niveau « représente un tiers de la hausse nette de la production mondiale de pétrole et fera du Brésil le sixième producteur mondial », souligne l’AIE dans un chapitre spécialement consacré au géant sud-américain.

 

Quant au gaz, la production brésilienne sera multipliée « par plus de cinq », « assez pour couvrir tous les besoins du pays d’ici à 2030, même si ceux-ci augmentent significativement », note l’AIE.

 

La demande énergétique du Brésil augmente en effet dans le même temps de près de 80 %, notamment en offrant un accès généralisé à l’électricité à sa population de 190 millions d’habitants.

 

Atteindre cette demande aura un prix, avertit néanmoins l’AIE, qui évalue les investissements nécessaires à environ 90 milliards de dollars par an. Outre les centrales électriques et les grands réseaux à haute tension, l’AIE souligne que l’augmentation de la production d’hydrocarbures dépend d’installations en eaux très profondes « hautement complexes » et très coûteuses.

 

Les investissements pétroliers du Brésil, qui transiteront essentiellement par le géant national Petrobras, devront ainsi être « supérieurs à ceux du Moyen-Orient ou de la Russie », note l’agence. Quant aux énergies renouvelables, le Brésil continuera à être « un leader mondial », en maintenant une part de 43 % dans son bouquet énergétique en doublant sa production de renouvelables en 2035.

 

« Le secteur énergétique brésilien reste un des moins intensifs en CO2, malgré une plus grande disponibilité et un plus grand usage de carburants fossiles », souligne l’AIE. Mais dans l’hydroélectricité, malgré plusieurs projets de barrages géants, la croissance ne sera pas aussi forte, « en partie du fait de l’isolement et de la sensibilité environnementale d’une grande partie de la ressource restante, située pour l’essentiel en Amazonie ».

 

L’éolien, les centrales au gaz et l’électricité produite à base de bioénergies (bois, canne à sucre, etc.) devrait prendre le relais, selon l’AIE. Enfin, l’éthanol, dont le Brésil est le deuxième producteur mondial derrière les États-Unis, restera un domaine de pointe.

 

« En 2035, les biocarburants représenteront presque un tiers de la demande domestique pour le transport routier et les exportations nettes compteront pour environ 40 % du commerce mondial de biocarburants ».