Lehman Brothers - Le monde n’est pas à l’abri d’un nouveau choc économique très contagieux

La faillite de Lehman Brothers a entraîné une crise financière et économique dans une bonne partie du monde.
Photo: Agence France-Presse (photo) Nicholas Roberts La faillite de Lehman Brothers a entraîné une crise financière et économique dans une bonne partie du monde.

Le monde reste exposé à la faillite d’une banque d’importance systémique, comme celle qui a fait plonger en récession, il y a cinq ans, toutes les économies de la planète avec un rare degré de synchronisation, prévient le Fonds monétaire international.

 

Les leçons tirées de la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers, et de la grande récession qui s’en est suivie, ont mené à un resserrement des règles financières internationales, dont la mise en place s’avère encore « incomplète », a rappelé le FMI en conclusion d’un rapport dévoilé lundi. L’économie mondiale continue de faire face au « risque » de faillite d’une autre des « nombreuses institutions financières d’importance systémique dont la portée s’étend à l’ensemble du globe ».

 

Ce n’est pas la seule menace qui pourrait mener à une contagion, observe le FMI dans cette analyse qui constituera l’un des chapitres de son prochain rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale, attendu la semaine prochaine. Bien que d’une ampleur moindre, l’aggravation de la situation financière dans la zone euro se ferait sentir, au premier chef, en Europe et en Amérique latine. Un ralentissement économique plus marqué que prévu en Chine aurait, quant à lui, un impact plus fort en Asie et en Amérique latine. Comme des liens commerciaux étroits font d’excellents transmetteurs de choc économique, des politiques d’austérité trop musclées aux États-Unis auraient principalement des retombées en Amérique latine [et au Canada]. Une réduction trop rapide de l’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale américaine serait susceptible d’avoir des conséquences beaucoup plus lourdes dans les pays dont les taux de change sont, d’une manière ou d’une autre, amarrés au billet vert.

 

L’économie synchronisée

 

En général, plus le pays d’où émane le choc économique est gros, plus il aura d’impact sur ses partenaires immédiats et éloignés.

 

Mais rarement avait-on vu l’ensemble des économies de la planète évoluer avec un tel degré de synchronisme que durant les deux années qui ont suivi l’effondrement de Wall Street à l’automne 2008. Le FMI estime que ces chocs financiers aux États-Unis ont eu des effets de contagion environ quatre fois plus grands qu’à la normale.

 

« Au plus fort de la crise financière mondiale, les pays ont marché d’un même pas à un point jamais observé dans l’histoire récente, lit-on dans le rapport. […] Cette tendance ne s’est pas limitée aux pays avancés ; elle a été observée dans toutes les régions. »

 

Contrairement au commerce mondial, le fort degré d’intégration des marchés financiers a joué un rôle important dans cette contagion, disent les experts de l’institution financière internationale. Mais d’autres facteurs ont eu un rôle plus important encore, estiment-ils. Beaucoup plus difficiles à observer tout en étant bien réels, ces facteurs auraient été notamment le réveil brutal des marchés devant la dure réalité, le sentiment d’incertitude et la panique pure et simple.

 

Depuis, la situation est revenue à la normale, c’est-à-dire que l’économie de chaque pays semble évoluer en fonction de sa propre réalité.

 

Tous dans la même galère

 

La première leçon à en tirer, dit le FMI, est que « l’idée répandue selon laquelle la mondialisation financière entraîne nécessairement de plus grandes [synchronisations économiques] entre les pays n’est pas fondée à moins d’être en temps de crise ». C’est le contraire même. L’intégration des marchés financiers permet une affectation des capitaux plus efficace et mieux adaptée à la réalité propre de chaque économie. L’important est toutefois de s’assurer de la solidité et de la fiabilité de ces marchés financiers, ce que visent à faire les réformes en cours.

 

Une autre leçon est que, lorsqu’une crise financière survient, les pays ont tout intérêt à coordonner leurs plans de relance économique et d’injection de liquidités parce que, de toute manière, ils sont tous dans la même galère.