Rona recrute son p.-d.g. chez Metro

L’année dernière, après la décision de Rona de rejeter une offre d’achat hostile de 1,76 milliard déposée par le géant américain Lowe’s, la Caisse de dépôt et placement du Québec avait manoeuvré avec d’autres actionnaires pour obtenir des changements au sein de l’entreprise.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir L’année dernière, après la décision de Rona de rejeter une offre d’achat hostile de 1,76 milliard déposée par le géant américain Lowe’s, la Caisse de dépôt et placement du Québec avait manoeuvré avec d’autres actionnaires pour obtenir des changements au sein de l’entreprise.

Après plus de quatre mois de recherche, la chaîne de quincailleries Rona a finalement trouvé son nouveau président et chef de la direction : il s’agit du numéro deux de l’épicier Metro, Robert Sawyer.

M. Sawyer, âgé de 59 ans, était chef de l’exploitation de Metro depuis avril 2009. Il travaillait pour l’entreprise depuis 33 ans.


Dans un bref communiqué, Metro a indiqué que le poste de chef de l’exploitation n’allait pas être pourvu. Les responsables des divisions du Québec et de l’Ontario se rapporteront désormais au président et chef de la direction de l’entreprise, Éric La Flèche.


Au cours d’un entretien téléphonique, mardi, le président du conseil d’administration de Rona, Robert Chevrier, s’est félicité du choix de Robert Sawyer. Au début de février, il avait confié à une journaliste que la recherche d’un candidat de qualité, connaissant bien les marchés québécois et canadien-anglais, était une tâche plus difficile qu’il ne l’avait envisagé.


« J’aurais parcouru le monde entier que je n’aurais pas pu trouver quelqu’un qui est un ‘‘fit’’ aussi parfait avec nos besoins et la situation dans laquelle Rona se trouve actuellement », a déclaré M. Chevrier mardi.


Certes, vendre des produits alimentaires et des matériaux de construction n’est pas exactement la même chose. Mais au-delà du marché desservi, Rona et Metro ne sont pas des entreprises si différentes l’une de l’autre, a fait valoir Robert Chevrier.


« La dynamique d’avoir la bonne marchandise en magasin, au bon prix, au bon moment et avec le sourire, ça se ressemble étrangement », a-t-il soutenu, en notant que Rona et Metro sont tous deux des distributeurs dont la tâche première est de rejoindre les consommateurs par le biais de marchands franchisés ou affiliés.


M. Sawyer entrera en poste le mois prochain. Il succédera à Robert Dutton, qui a été remercié en novembre après avoir passé 21 ans à la tête de Rona.


Dominique Boies, qui assurait l’intérim au poste de p.-d.g., redeviendra chef de la direction financière à temps plein. Il était sur les rangs pour remplacer M. Dutton.

 

Mettre de l’ordre


Robert Sawyer devra agir vite pour redresser Rona, dont la rentabilité se désagrège depuis plusieurs années, a affirmé M. Chevrier.


« Sa mission, ça va être de mettre de l’ordre dans la maison, d’évaluer les forces en place, de voir comment conjuguer tout ça, de faire certains réajustements dans notre stratégie et de bâtir une relève », a-t-il expliqué.


Le président du conseil a assuré ne pas avoir senti le besoin de faire approuver le choix de M. Sawyer par les actionnaires importants de Rona, parmi lesquels se trouve la Caisse de dépôt et placement du Québec.


L’année dernière, après la décision de Rona de rejeter une offre d’achat hostile de 1,76 milliard déposée par le géant américain Lowe’s, la Caisse avait manoeuvré avec d’autres actionnaires pour obtenir des changements au sein de l’entreprise.


Robert Chevrier a répété mardi que Rona n’était pas à vendre, du moins pas au prix de 14,50 $ l’action offert l’an dernier par Lowe’s.


« Cette entreprise-là a un potentiel énorme, a-t-il insisté. Est-ce qu’on va vendre toutes nos entreprises canadiennes ? »


Selon lui, ce n’est qu’une question de temps avant que Rona devienne méconnaissable.


« On a beaucoup de travail à faire, mais à mon avis, ça va devenir un modèle d’efficacité cette entreprise-là, a dit M. Chevrier. On a des bonnes équipes en place qui avaient besoin d’être mieux coordonnées par un bon chef d’orchestre. Maintenant, on l’a. »


L’action de Rona a gagné 4 % mardi pour clôturer à 10,98 $, à la Bourse de Toronto.