Pétrole - L’AIE doute d’une chute durable des prix en 2012

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	L’Agence internationale de l’Énergie n’identifie pas de risques précis pour les prochains mois, mais mentionne les tensions autour de l’Iran qui ont contribué à maintenir les prix à un niveau élevé.</div>
Photo: Hasan Jamali Associated Press
L’Agence internationale de l’Énergie n’identifie pas de risques précis pour les prochains mois, mais mentionne les tensions autour de l’Iran qui ont contribué à maintenir les prix à un niveau élevé.

L’Agence internationale de l’Énergie (AIE) a maintenu quasi inchangée la semaine dernière sa prévision de demande pour 2012 et indiqué qu’elle croyait à un «plancher» pour les prix du pétrole, excluant le scénario d’une nouvelle chute des cours du brut redescendus de leurs sommets de mars.


En dépit du ralentissement économique, l’agence énergétique des pays développés prévoit également une accélération de la croissance de la demande en 2013, avec une hausse de 1 million de barils par jour (mbj), même si la reprise économique «modérée» devrait être plus faible qu’attendu l’an prochain.


Dans son rapport mensuel, l’AIE anticipe une demande de 89,9 millions de barils par jour (mbj) seulement affinée à la baisse de 15 000 barils/jour, et s’attend à 90,9 mbj pour 2013. Fait notable, elle prévoit que la demande des pays hors OCDE (dont la Chine deuxième consommateur mondial) va pour la première fois dépasser celle des pays développés au deuxième trimestre 2013.


Côté marché, si elle reconnaît que «les fondamentaux du marché se sont clairement détendus depuis le début de l’année», l’agence estime que «les risques du côté de l’offre vont probablement continuer à assurer un plancher pour les prix en 2012», malgré le net repli du brut observé depuis quatre mois. La révision à la baisse des prévisions de croissance du PIB mondial (3,3 % cette année et 3,8 % en 2013 contre 3,5 % et 4,1 % auparavant) a entraîné une baisse des prévisions générales de demande de pétrole, mais des révisions de données les ont compensées, notamment du fait de la forte demande du Japon après Fukushima.

 

«Prix obstinément élevés»


Malgré ces perspectives économiques dégradées, «le potentiel latent des marchés émergents et le risque maintenu de mauvaises surprises du côté de l’offre pourraient maintenir les prix obstinément élevés en termes absolus», assure l’AIE. L’agence n’identifie pas de risques précis pour les prochains mois, mais mentionne les tensions autour de l’Iran -dont la production est au plus bas depuis 22 ans selon l’AIE - qui ont contribué dans le passé à maintenir les prix à un niveau élevé.


Pour 2013, l’AIE souligne que la progression de la demande de 1 mb/j attendue en 2013 est certes plus élevée que celle de 2011 et 2012 (+0,7 mb/j et +0,8 mb/j respectivement), mais qu’elle reste «bien en dessous de la tendance d’avant crise». «Derrière l’accélération prévue de la croissance (de la demande de pétrole) en 2013, on trouve une combinaison d’une amélioration du contexte économique et des prix du pétrole légèrement inférieurs», comme le suggèrent actuellement les contrats à terme qui évoquent une baisse de 7 %, note l’AIE.


Alors que les membres les plus conservateurs de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se soucient de maintenir des prix suffisamment élevés pour assurer ses rentes pétrolières, l’AIE insiste fréquemment sur la nécessité d’une ressource suffisamment abordable pour ne pas gripper la croissance mondiale en général et des pays développés en particulier.


L’Opep a elle aussi maintenu quasiment inchangée sa prévision de demande de brut mondiale pour 2012, estimant que les tendances économiques régionales s’annulent presque. Pour 2013, l’organisation pétrolière basée à Vienne prévoit une croissance de la demande de 0,82 mb/j.