Lutte contre les GES: l'aviation civile réclame l'aide des gouvernements

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Photo: Avions

Genève — La responsable en chef du climat à l'ONU, Christiana Figueres, a exhorté jeudi les représentants du transport aérien présents à Genève pour un sommet sur le climat à réduire davantage leurs émissions de CO2 afin d'enrayer le réchauffement climatique. Et hier, l'Association du transport aérien international (IATA) a interpellé les gouvernements, les invitant à appuyer les cibles ambitieuses de l'aviation et à adopter une approche mondiale. Tout en exhortant les pétrolières à contribuer davantage au développement de carburants alternatifs.

Rappelant que l'aviation civile représente 2 % des émissions de dioxyde de carbone (C02) dans le monde, Mme Figueres a expliqué que si «rien n'est fait, cela aura un impact supplémentaire sur le changement climatique», tout en reconnaissant que le secteur menait déjà une action «proactive».

Dans un message vidéo adressé aux transporteurs réunis à Genève, elle a souligné que ces derniers étaient un élément clé dans la lutte contre le réchauffement. «Le monde continuera d'avoir besoin d'une industrie de l'aviation solide», mais qui doit devenir le «symbole de l'action proactive face aux changements climatiques», a-t-elle ajouté.

Ces dernières années, l'Association internationale du transport aérien (IATA) s'est déjà engagée à réduire ses émissions de CO2. L'Association, qui représente 230 compagnies aériennes assurant 93 % du trafic commercial, espère améliorer l'efficacité du carburant des avions de 1,5 % par an d'ici 2020 et de réduire de moitié les émissions de CO2 par rapport au niveau de 2005 d'ici 2050. Un troisième objectif vise également à stabiliser les émissions de carbone d'ici 2020 grâce à une «croissance neutre en carbone».

L'IATA compte particulièrement sur les nouvelles technologies, les nouveaux carburants, l'amélioration des infrastructures, mais aussi une meilleure gestion du trafic, pour atteindre ces objectifs.

Accusées d'être trop polluantes, les compagnies aériennes estiment avoir besoin de l'aide des gouvernements pour répondre aux défis imposés par les changements climatiques. Paul Steele, responsable du Groupe d'action des transports aériens, l'association qui regroupe tous les secteurs de l'industrie et qui a organisé le sommet de deux jours à Genève, prévoit ainsi que 12 000 nouveaux avions — représentant 1300 milliards de dollars — seront nécessaires pour parvenir aux objectifs de 2020. Chacun de ces appareils sera de 20 % à 25 % plus efficace sur le plan énergétique.

L'objectif d'une croissance neutre en carbone est «probablement le plus important et le plus difficile» à atteindre, a expliqué M. Steele.

IATA


L'IATA a également interpellé les gouvernements du monde entier afin d'appuyer les cibles ambitieuses de l'aviation en matière de lutte contre les changements climatiques et d'adopter une approche mondiale. L'IATA en fera son principal message lors de l'assemblée triennale de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) à Montréal, du 29 septembre au 8 octobre.

«Les 18 derniers mois ont été les pires de l'histoire moderne de l'aviation sur le plan financier. Mais même en ces temps difficiles, les budgets des compagnies aériennes affectés à des projets environnementaux ont été maintenus», a martelé Giovanni Bisignani, directeur général et chef de la direction de l'IATA.

Dans la foulée, M. Bisignani a fait état des progrès importants dans le domaine des biocarburants durables et de l'imminence de leur homologation à des fins commerciales. Cinq transporteurs aériens ont déjà fait l'essai des biocarburants durables et quatre autres essais devraient être effectués avant la fin de l'année. «Il est dans l'intérêt de tous les gouvernements de s'engager davantage dans ce domaine et d'appuyer la commercialisation des biocarburants en mettant en place des mesures incitatives pour faciliter les investissements nécessaires», a-t-il souligné.

Il a cependant déploré que les gouvernements, tout comme l'industrie pétrolière, n'aient investi jusqu'à présent que des «cacahuètes» pour développer les biocarburants. «Nous avons besoin de l'industrie pétrolière à nos côtés.»

Il a expliqué que les biocarburants pouvaient casser la tyrannie du pétrole et sortir des millions de personnes de la pauvreté tout en offrant de nouveaux carburants pour l'aviation. «C'est dans l'intérêt des gouvernements de s'investir davantage et de soutenir la commercialisation des biocarburants à travers des mesures incitatives qui permettent de faciliter les investissements nécessaires» au développement de ces produits qui consomment moins de CO2, a insisté M. Bisignani.

Au sens plus large, «nous ne pourrons atteindre nos cibles ambitieuses sans l'appui et la collaboration des gouvernements. L'aviation est une industrie mondiale. Nous avons besoin d'un cadre de travail mondial, sous l'égide de l'OACI, pour orienter nos efforts. L'Assemblée de l'OACI représente notre meilleure chance de réaliser cela à temps pour la conférence de Cancún. Les obstacles politiques étant écartés, l'industrie poursuivra son engagement envers des cibles audacieuses et nos antécédents démontrent que nous les atteindrons», a assuré M. Bisignani.

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Avec l'Agence France-Presse
 
1 commentaire
  • P. Boutet - Inscrit 19 septembre 2010 22 h 45

    Incrédule?

    Les biocarburants me rendent perplexe sinon sceptique!