Haute technologie: Ottawa-Gatineau écope

Ottawa — La région d'Ottawa-Gatineau a été touchée de façon particulièrement dure par la débâcle du secteur de la haute technologie observé en 2001 au Canada et dans le reste du monde industrialisé, indique une étude publiée hier par Statistique Canada.

Intitulée La vie après la haute technologie et publiée dans le bulletin L'emploi et le revenu en perspective sur le site Internet de l'agence fédérale, l'étude rappelle que la région d'Ottawa-Gatineau a été un centre important de haute technologie dès les années 90, ayant même engendré en grande partie l'augmentation de l'emploi dans ce secteur au Canada.

En 1991, le secteur représentait 3,2 % des employés canadiens, selon l'étude. Au cours des années 1990, il a connu une expansion plus rapide que le reste de l'économie, de sorte que sa part de la main-d'oeuvre atteignait 4,5 % en 2000.

Avant même cet essor, Ottawa-Gatineau se classait déjà en tête au pays, 7,8 % de sa main-d'oeuvre travaillant dans le secteur de la haute technologie. En 2000, cette proportion avait augmenté à 11,8 %.

Toutefois, avec la débâcle de 2001, la proportion de la main-d'oeuvre totale dans ce secteur, qui avait atteint 4,6 % en 2001 au Canada, est redescendue à 4,2 % en 2003. Cette fois encore, c'est à Ottawa-Gatineau que le phénomène a été le plus marqué, la part de l'emploi dans la haute technologie passant de 11,9 % en 2001 à 10,1 % en 2003, souligne l'étude.

Statistique Canada a constaté que les travailleurs de la région d'Ottawa-Gatineau qui ont été licenciés ont subi une baisse marquée de leurs gains. Parmi l'ensemble des travailleurs de la haute technologie licenciés, environ quatre sur cinq n'ont pu trouver un nouvel emploi dans ce secteur, et à peu près un sur trois a déménagé dans une autre ville. À Ottawa-Gatineau, environ deux travailleurs sur cinq sont partis, indique l'étude qui souligne qu'il se peut que la débâcle ait aussi eu des conséquences importantes — problèmes de santé physiques et psychologiques à long terme — pour les travailleurs qui ont conservé leur emploi, en raison de la précarité de l'emploi qui augmente le stress.