Bureau d'assurance du Canada - Un problème ? Vous appelez !

Depuis une vingtaine d'années, le Bureau d'assurance du Canada (BAC) sert de point de convergence entre les assureurs de dommages et les consommateurs, tout en agissant de concert avec les ordres gouvernementaux. Le BAC dispense des services de tous ordres, soit de la mise sur pied d'un plan d'urgence en cas de sinistre à l'élaboration d'une campagne de prévention.

Le Bureau d'assurance du Canada est avant tout un organisme qui représente la très grande majorité des assureurs de dommages, c'est-à-dire ceux qui offrent l'assurance de biens (habitation et entreprises), l'assurance automobile et l'assurance couvrant la responsabilité civile. Le BAC est un organisme pancanadien, dont le siège social est basé à Toronto. Il a aussi des bureaux régionaux situés à Vancouver, Calgary, Halifax et Montréal.

Au Québec, on compte 183 assureurs, dont les activités créent 23 000 emplois et généraient, en 2004, un chiffre d'affaires de sept milliards de dollars.

Centre d'information

Si le BAC est d'abord le porte-voix des assureurs, il n'en est pas moins actif auprès des consommateurs. Par exemple, le BAC met à la disposition des consommateurs son centre d'information, qui traite plus de 50 000 appels par année concernant principalement les domaines de l'assurance automobile et de l'assurance habitation (www.infoassurance.ca).

Ce centre d'information à pour tâche d'informer et d'accompagner le consommateur dans ses diverses démarches. Et tout le monde y gagne, assure le directeur des affaires publiques et gouvernementales du BAC, section Québec, Jack Chadirdjian.

«D'autant que ce service est gratuit! Vous savez, ajoute M. Chadirdjian, le monde de l'assurance en est un qui peut sembler complexe. On reçoit aussi des plaintes de tous ordres et, dans certains cas, nos agents peuvent intervenir afin de déterminer le type de problème auquel est confronté le client. On peut d'ailleurs agir parfois comme intermédiaire entre l'assureur et l'assuré et, dans la mesure du possible, trouver un terrain d'entente. Les gens ne devraient pas hésiter à nous appeler car aucune demande d'information n'est considérée comme banale.»

Éducation

S'ajoutent au centre d'information divers instruments de promotion et campagnes visant l'éducation et la sensibilisation qui sont destinés aux consommateurs. Faut-il s'en étonner? À regarder certains chiffres de près, on apprécie davantage la nécessité de mener des efforts en ce sens.

Ainsi, il se vole un véhicule toutes les 13 minutes au Québec. En 2004, 39 000 véhicules ont été volés sur le territoire de la Belle Province. Les assureurs, eux, ont déboursé près de 250 millions de dollars en indemnités. Et les dix véhicules les plus souvent volés en 2004 étaient, en ordre d'importance, la Honda Civic SiR 2000, la Subaru Imprezza WRX 2002, la Honda Civic Si 1993, l'Acura Integra 1999, l'Acura Integra 1998, la Volkswagen Golf GTI 1992, la Volkswagen Cabriolet 1999, l'Acura Integra 2000, la Honda Civic Si 1992 et l'Acura Integra 2001.

Le Québec se situait, en 2004, au deuxième rang en ce qui a trait à la prime moyenne la plus basse au Canada, soit 721 $ (en incluant les cotisations de 130 $ payables à la SAAQ). Et en 2005, cette prime moyenne était de 717 $. En revanche, les Ontariens paient en moyenne près du double de ce que déboursent les Québécois, soit la somme de 1396 $.

«On oublie parfois de prendre des précautions élémentaires, dit M. Chadirdjian, comme le simple fait de verrouiller les portes de l'automobile. Ça va vite parfois car un voleur n'a pas besoin de 20 minutes pour partir avec le véhicule. Je pense aussi au vol de biens dans les véhicules.» Sur ce dernier sujet, le BAC vient de mettre sur pied un projet-pilote qui s'intitule «Casez votre portable».

Pourquoi? «On s'aperçoit qu'aujourd'hui encore les gens oublient [ou laissent traîner] leur ordinateur portatif dans leur véhicule lors de leur pause du midi. Ce projet-pilote se fait en collaboration avec deux restaurateurs, situés dans l'ouest de l'île de Montréal, qui mettent à la disposition des clients des casiers en métal servant d'espace de rangement pour les ordinateurs portatifs.»

Habitation et incendies

Voici d'autres chiffres notables. D'après les données du ministère de la Sécurité publique obtenues auprès du BAC, plus de 10 000 incendies ont été rapportés en 2002. Entre 1998 et 2002, les pertes matérielles liées à des incendies étaient estimées à 4,6 milliards de dollars.

De 1992 à 2002, près d'un incendie sur deux était attribuable à un comportement négligent. Un article de fumeur était à l'origine de 56 décès entre 1998 et 2002, et les pertes attribuables à un article de fumeur lors d'un

incendie se chiffrent à 77 millions de dollars pour cette même période.

Quant aux introductions par effraction dans les résidences, on en comptait 39 000 dans les résidences québécoises en 2004, un phénomène qui serait en recul de 23 % depuis 2000.

On ne le répétera jamais assez, le détecteur de fumée doit être en tout temps pourvu de piles en bon état: «Combien de fois les pompiers constatent-ils, lors d'un incendie, qu'il n'y avait pas de détecteur de fumée dans le logement ou encore que les piles n'avaient pas été remplacées sinon étaient inexistantes», relate M. Chadirdjian.

Autre chose qu'il faut également retenir lorsqu'on emménage dans un nouveau logement: «Il est recommandé de remplacer les serrures. Ça ne coûte pas une fortune et ça procure une tranquillité d'esprit. Vérifier aussi si les fenêtres sont sécuritaires.»

Plan d'urgence

Le BAC-Québec s'est en outre doté d'un «plan urgence sinistres». Ce plan d'intervention a pour mission d'intervenir rapidement sur les lieux d'un sinistre majeur afin de coordonner les actions nécessaires avec les multiples intervenants impliqués. Ce plan permet d'informer les assurés sinistrés et de les appuyer dans leurs démarches entourant leur demande d'indemnité.

Ce plan consiste entre autres à évaluer toute situation d'urgence, d'examiner la couverture des contrats types en fonction du sinistre appréhendé ou survenu, de consulter les assureurs quant à l'origine des événements et à la couverture d'assurance et de favoriser une diffusion continue et représentative de l'information requise, de mettre en place les actions nécessaires pour transmettre l'information pertinente à la population quant aux moyens de prévenir et de limiter les pertes matérielles, et ce, avec la collaboration des ministères intéressés, des municipalités et des corps policiers.

«Ce plan a été très utile, notamment lors de la tornade à Maskinongé en 1992, lors du déluge au Saguenay en 1996, et lors de la tempête de verglas en 1998.» Somme toute, «on considère que chaque minute qui est consacrée à la prévention évite des heures et des heures, sinon des jours et des jours, de tracas», laisse tomber M. Chadirdjian.

Collaborateur du Devoir