Une femme de Saskatoon arrêtée aux États-Unis dit avoir fui avec son fils par peur

Une femme accusée d'avoir simulé sa propre mort et celle de son fils dit avoir quitté Saskatoon parce qu'elle craignait pour leur sécurité.

Dawn Marie Walker, 48 ans, est gardée au centre de détention du comté de Multnomah dans l'Oregon, aux États-Unis.

Elle a été arrêtée vendredi à Oregon City par le département américain de la Sécurité intérieure et elle est accusée de deux infractions pour avoir prétendument utilisé de fausses identités pour entrer dans le pays avec son fils de sept ans. Le garçon a depuis été renvoyé au Canada.

«Tant de femmes et d'enfants avant nous ont dû s'enfuir pour sauver leur vie pour protéger leurs enfants», a dit Mme Walker dans une déclaration fournie à La Presse Canadienne.

L'avocate de la Saskatchewan, Eleanore Sunchild, s'est entretenue avec Mme Walker lundi et lui a transcrit ses paroles.

Dans la déclaration, Mme Walker a affirmé qu'elle avait été rejetée par le système judiciaire de la Saskatchewan parce que «rien n'avait été fait» après avoir signalé des violences conjugales à la police et aux autorités de protection de l'enfance.

Elle a dit qu'elle avait été témoin de quelque chose avec son fils qui l'avait effrayée au plus haut point et on lui a diagnostiqué un trouble de stress post-traumatique. Elle a dit que plus d'informations seront révélées avec le temps.

«Je m'excuse auprès de tous ceux que j'ai blessés», a indiqué Mme Walker.

«Je n'avais pas le choix. Personne ne m'a entendu. J'aime mon fils (...) beaucoup. C'est mon unique enfant et je ferais absolument n'importe quoi pour lui.»

Au cours des deux semaines précédentes, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et la police de Saskatoon ont enquêté sur la disparition en tant que cas de personne disparue. La camionnette de Mme Walker a été retrouvée dans un parc au sud de Saskatoon, avec certains de ses effets personnels, et certaines personnes craignaient que Mme Walker et son fils ne se soient noyés dans la rivière Saskatchewan Sud.

Mme Walker est directrice générale de la Fédération des nations autochtones souveraines et également auteure.

Lundi, la police de Saskatoon a annoncé qu'elle travaillait à extrader Mme Walker vers le Canada où elle fait face à des accusations de méfait public et d'enlèvement d'enfant en violation d'une ordonnance de garde.

Le chef adjoint Randy Huisman a déclaré que les allégations de violence conjugale pourraient ou non jouer un rôle dans leur enquête sur Mme Walker.

«Toute allégation potentielle ou antérieure faite par Dawn Walker a fait l'objet d'une enquête approfondie et aucune accusation n'a été portée à la suite de ces enquêtes», a soutenu M. Huisman.

Le père du fils de Mme Walker n'a pas pu être joint pour commenter, mais il a déclaré la semaine dernière à la station de radio de Saskatoon CKOM qu'il ne ferait jamais de mal à Mme Walker ou à leur fils.

«Il n'y a rien de vrai dans tout cela, et c'est tout ce que je peux dire», a déclaré le père.

Une déclaration faite sous serment déposée devant un tribunal de l'Oregon par Clinton Lindsly, un agent spécial de la sécurité intérieure, indique que Mme Walker et le père biologique du garçon avaient été engagés dans un long différend concernant la garde de l'enfant et qu'elle était censée rendre l'enfant le 25 juillet.

Le document et d'autres dossiers judiciaires accusent également Mme Walker d'avoir mis au point un stratagème élaboré pour simuler les décès, notamment en volant l'identité d'un collègue et de l'enfant du collègue pour ouvrir un compte bancaire, acheter un véhicule utilitaire sport (VUS) et traverser la frontière.

Les documents indiquent que les policiers ont également trouvé une liste manuscrite dans le VUS de Mme Walker à propos de la teinture des cheveux, la couverture des tatouages et le lancement d'un téléphone dans l'eau.

Mme Walker a déclaré que la police «ne s'est souciée de moi que lorsqu'elle a cru que j'étais morte».

Lorsqu'elle rentrera Canada, elle aura une histoire à raconter, affirme la mère de famille.

«Je me bats contre les systèmes qui échouent continuellement à me protéger en tant que femme autochtone et à protéger les hommes non autochtones», a mentionné Mme Walker dans sa déclaration.

Les procureurs fédéraux aux États-Unis ont déclaré qu'ils souhaitaient que Mme Walker reste en détention jusqu'à son procès. Elle a été détenue pour risque de fuite jusqu'à sa prochaine comparution devant le tribunal le 7 septembre.

L'avocate publique américaine Lisa Hay, qui aide à représenter Mme Walker, a refusé de commenter, ajoutant qu'il est conseillé aux clients de ne pas parler de leur affaire en dehors de la salle d'audience.

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