Mélanie Joly interrogée sur des menaces visant le personnel ukrainien à l'ambassade

OTTAWA - Mélanie Joly propose que le Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement étudie les allégations selon lesquelles le Canada n'aurait pas tenu compte des avertissements concernant la sécurité du personnel recruté en Ukraine pour son ambassade à Kyiv avant l'invasion russe.

La ministre des Affaires étrangères a évoqué cette possibilité jeudi lors de sa comparution devant le Comité permanent des affaires étrangères de la Chambre des communes. Les députés se sont surtout concentrés sur la décision du Canada de rendre une turbine pour un pipeline appartenant à l'État russe qui fournit du gaz naturel à l'Allemagne.

Mais le Globe and Mail a écrit cette semaine que dans la période qui a précédé l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Affaires mondiales Canada avait reçu des renseignements de la coalition «Five Eyes» selon lesquels les Ukrainiens travaillant pour les ambassades occidentales figuraient probablement sur des listes de personnes que Moscou avait l'intention de traquer.

Citant trois sources diplomatiques anonymes décrites comme ayant une connaissance directe de la situation, le quotidien a rapporté que le ministère avait ordonné aux dirigeants de l'ambassade à Kyiv de ne pas divulguer l'information aux employés ukrainiens, pendant que les Canadiens étaient rappelés à Ottawa.

Mme Joly a déclaré jeudi aux membres du comité qu'elle, son personnel politique et le ministère n'avaient pas d'informations sur les «listes de mise à mort» ciblant spécifiquement les diplomates canadiens et le personnel embauché localement.

Elle a assuré qu'elle se mettra à la disposition du Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, composé de sénateurs et de députés possédant les meilleures habilitations de sécurité, s'ils décident de se saisir de la question.

La Presse Canadienne n'a pas vérifié de manière indépendante les informations du Globe and Mail.

Mme Joly a également déclaré aux députés que le Canada avait été «préoccupé» par les renseignements, rendus publics par les États-Unis plus tôt cette année, selon lesquels la Russie prévoyait de cibler certains Ukrainiens lors d'une invasion.

En février dernier, quelques jours avant que la Russie ne commence son assaut contre l'Ukraine, les médias ont rapporté que le gouvernement américain disposait d'«informations crédibles» sur ces menaces et avait prévenu le responsable des droits de la personne aux Nations unies.

«Il est très important que nous allions au fond de cette affaire, a déclaré jeudi Mme Joly, dans un échange houleux avec le député conservateur Garnett Genuis. C'est quelque chose que je prends très au sérieux.»

Plus tard, jeudi, dans une déclaration sur Twitter, Mme Joly a promis au Comité son appui et sa collaboration s'il devait étudier cette question.

Elle soutient aussi que les employés recrutés sur place en Ukraine «ont été tenus informés de l'évolution de la situation en matière de sécurité et ont pris des décisions pour assurer la sécurité de leur famille». Ils ont aussi été informés des différentes possibilités pour immigrer au Canada, soutient la ministre.

À voir en vidéo