La FIA pose un premier geste afin de limiter le marsouinage

MONTRÉAL - Les images ont fait le tour du monde le week-end dernier: le septuple champion du monde, Lewis Hamilton, qui peinait à s'extirper de l'habitacle de sa Mercedes après la conclusion du Grand Prix de Formule 1 d'Azerbaïdjan à cause de douleurs au dos extrêmes provoquées par le phénomène de «marsouinage».

Jeudi, à l'aube des premiers essais libres au Grand Prix du Canada, la Fédération internationale de l'automobile a posé un premier geste concret pour éviter que ça se reproduise.

«La FIA, en tant qu'instance dirigeante du sport, a décidé que, dans l'intérêt de la sécurité, il fallait intervenir pour exiger que les équipes fassent les ajustements nécessaires pour réduire ou éliminer ce phénomène», a indiqué l'organisation qui chapeaute le sport automobile sur la planète par voie de communiqué.

Une directive technique a donc été publiée pour guider les équipes sur les mesures que la FIA a l'intention de prendre pour résoudre le problème.

Elle procédera d'abord à un examen plus approfondi du fond plat des voitures, afin d'analyser leur conception et leur niveau d'usure. De plus, la FIA établira une limite quantitative pour le niveau acceptable d'oscillations verticales — c'est-à-dire l'intensité du «marsouinage».

En plus de ces mesures à court terme, «la FIA convoquera une réunion technique avec les équipes afin de définir des mesures qui réduiront la propension des voitures à présenter de tels phénomènes à moyen terme», pouvait-on lire dans le communiqué.

Le directeur d'Aston Martin, Mike Krack, a accueilli favorablement l'annonce de la FIA.

«C'est un enjeu de sécurité, et nous tenons à soutenir les pilotes. Nous devons soutenir la FIA dans cette initiative; ce n'est pas une question de savoir quelle équipe est avantagée par cette décision et laquelle ne l'est pas», a confié Krack jeudi après-midi.

La FIA a indiqué qu'elle avait décidé d'intervenir après consultation de ses médecins dans l'intérêt de la sécurité des pilotes.

«Dans un sport où les concurrents conduisent régulièrement à des vitesses supérieures à 300 km/h, on considère que toute la concentration d'un pilote doit être sur cette tâche et qu'une fatigue ou une douleur excessive ressentie par un pilote pourrait avoir des conséquences importantes si elle entraîne une perte de concentration», a expliqué l'organisation.

En outre, la FIA s'inquiète de l'impact physique immédiat sur la santé des pilotes, dont un certain nombre ont signalé des maux de dos à la suite d'événements récents — dont, bien sûr, Hamilton.

«On a poussé un peu trop loin», dit Vowles

Plus tôt cette semaine, la présence de Hamilton au Grand Prix du Canada semblait compromise en raison de ses douleurs au dos subies lors du Grand Prix d'Azerbaïdjan.

Le septuple champion du monde a déclaré qu'il «priait» pour que le Grand Prix de Formule 1 d'Azerbaïdjan de dimanche se termine. Il a notamment agrippé à son dos en sortant avec précaution de sa Mercedes après avoir terminé au quatrième rang.

Le pilote de 37 s'est plaint de la tendance de sa voiture Mercedes à rebondir lorsqu'elle atteint de hautes pointes de vitesse.

«Il y avait plusieurs moments que je ne savais pas si j'allais terminer la course et si j'allais être capable de garder la voiture sur la piste, a confié Hamilton après la course. C'est la course la plus souffrante et la plus dure que j'ai connue.

«Je tenais tout simplement le coup et je me serrais les dents à cause de la douleur. L'adrénaline m'a aidé, mais je ne peux pas exprimer la douleur que j'ai ressentie, en particulier dans les lignes droites (extrêmement rapide). Je priais juste pour que ça s'arrête.»

Il a lancé à Toto Wolff, chef d'équipe de Mercedes, que la voiture doit «absolument être modifiée».

De son côté, Krack a indiqué qu'il n'avait pas l'impression que la sortie spectaculaire de Hamilton avait précipité la décision de la FIA.

«Non, la discussion au sujet du marsouinage est lancée depuis un bon moment déjà — depuis les essais hivernaux de Barcelone, en fait. La sortie de Lewis n'a pas précipité les choses, c'était sur le radar du FIA depuis un bon bout de temps déjà», a-t-il dit.

En fin de journée, le directeur de la stratégie chez Mercedes, James Vowles, a admis au site 'F1.com' que l'équipe avait adopté des réglages extrêmes à Bakou, et peut-être «poussé notre voiture et nos pilotes un peu trop loin» à la recherche de performances.

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