La Chapelle fête trois décennies d’oeuvres alternatives

Le directeur du théâtre La Chapelle, Olivier Bertrand, invite la population à lui adresser ses vœux.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Le directeur du théâtre La Chapelle, Olivier Bertrand, invite la population à lui adresser ses vœux.

Fermé jusqu’à nouvel ordre pour cause de pandémie, le théâtre La Chapelle, cette salle de 100 places du cœur de Montréal, réputée pour sa scène hybride, alternative et éclectique, célèbre malgré tout, en ce 25 mai 2020, son 30e anniversaire en ligne. Et c’est sur les réseaux sociaux que le directeur du théâtre, Olivier Bertrand, invite la population à lui adresser ses vœux.

Déjà, dit-il, certains artistes ont réalisé des capsules très brèves pour célébrer la salle trentenaire, qui seront mises en ligne sur leurs comptes respectifs. « On a décidé quand même de prendre les choses dans leur chronologie et de ne pas manquer ce rendez-vous, dans la mesure où le 25 mai est la vraie date de notre ouverture il y a trente ans », dit-il.

Depuis un moment, La Chapelle avait choisi de proposer une année entière de festivités pour célébrer sa longévité. La programmation de cette année est d’ailleurs fin prête, mais attend évidemment la suite des choses sur le plan sanitaire avant de pouvoir s’annoncer.

« L’année prochaine sera notre 30e anniversaire, et on ne sait pas de quoi il sera fait », dit Olivier Bertrand. « La situation actuelle est anxiogène et compliquée », reconnaît-il. Cela dit, durant la saison estivale, le théâtre La Chapelle utilise généralement ses locaux pour accueillir des artistes en résidence, qui présenteront leur spectacle au cours des années suivantes.

« L’année dernière, on a lancé un événement qui s’appelle L’autre cirque, avec le festival Montréal complètement cirque et la Tohu. C’est une approche de cirque alternative. C’est le seul événement de l’été, mais, évidemment, tout le festival Montréal complètement cirque a été annulé », dit-il.

Dans l’incertitude quant à une réouverture du théâtre pour la saison d’automne à la mi-septembre, Olivier Bertrand n’exclut pas une période durant laquelle l’espace du théâtre serait réservé à la création et aux répétitions des artistes. « Comme on se perd un peu dans l’incertitude, on peut se concentrer sur ce que l’on peut faire avancer, et attendre et patienter sur ce qu’on ne peut pas faire avancer. Quand les artistes pourront-ils retrouver les séances de répétitions et les salles de travail ? », se demande-t-il. Il précise que « les artistes peuvent commencer quelque chose même si le public n’est pas là physiquement ».

Bien qu’il concède que la crise du coronavirus aura sûrement une influence profonde et durable sur les créations artistiques, M. Bertrand ne croit pas qu’elle modifiera du tout au tout la pratique théâtrale à long terme. « Je pense qu’il faut laisser passer le court terme dans lequel on est tendu avec beaucoup d’anxiété », dit-il.

Si l’art numérique prend une place de plus en plus importante dans nos vies, il le fait aussi depuis un bon moment sur les scènes d’art vivant. Depuis sa fondation par Richard Simas, en 1990, dans un ancien lieu de culte, La Chapelle a accueilli une quantité d’artistes émergents qui se sont ensuite déployés sur de nombreuses scènes partout dans le monde. C’est le cas de Louise Bédard ou de Sylvain Émard, par exemple, ou encore de Christian Lapointe et de Dave St-Pierre.

En temps normal, La Chapelle propose quelque 25 spectacles par saison. C’est aussi le seul lieu de diffusion à Montréal qui présente plusieurs productions chaque année en français et en anglais, avec pour certaines un surtitrage en deux langues.