La création avant le répertoire sur les scènes de Québec

Ce sont surtout des textes récents qui dominent la saison théâtrale. À ce chapitre, deux jeunes habitués marquent un retour. Pascale Renaud-Hébert revient à La Bordée où elle présente «Hope Town». Jean-Denis Beaudoin revient pour sa part au «Périscope avec Dévoré(s)».
Photo: Francis Vachon Le Devoir Ce sont surtout des textes récents qui dominent la saison théâtrale. À ce chapitre, deux jeunes habitués marquent un retour. Pascale Renaud-Hébert revient à La Bordée où elle présente «Hope Town». Jean-Denis Beaudoin revient pour sa part au «Périscope avec Dévoré(s)».

La saison théâtrale d’automne, qui accueille à Québec la nouvelle salle du Diamant, laisse voir cette année une prédominance marquée de la création sur le répertoire. Tour d’horizon.

Si le Trident ouvre avec Le cercle de craie caucasien, de Brecht, dans une mise en scène d’Olivier Normand, pour fermer en novembre avec La duchesse de Langeais (après son brio dans L’avare et Amadeus, Jacques Leblanc s’y voit confier une nouvelle tête d’affiche), de Tremblay, dont la création avait lieu en 1968, la saison fait place pour le reste à des textes beaucoup plus récents.

La Bordée lance pour sa part la saison avec une nouvelle production de Lentement la beauté, du Théâtre Niveau Parking. Michel Nadeau, qui était de la création en 2003, assure ici la mise en scène, alors que Hugues Frenette et Véronika Makdissi-Warren reprennent également du service.

Le Périscope, quant à lui, ouvre avec Le miel est plus doux que le sang, soulignant les 30 ans du Théâtre Sortie de Secours. Présentée en 1995, la pièce dirigée par Philippe Soldevila imagine, dans le Madrid des années 1920, la rencontre de Dalí, de García Lorca et de Buñuel.

Des titres inédits

Ce sont surtout les textes récents qui dominent la saison théâtrale. À ce chapitre, deux jeunes habitués marquent un retour. Pascale Renaud-Hébert, dont on a pu apprécier déjà Sauver des vies en 2016 et Le jeu l’année suivante, revient à La Bordée où elle présente Hope Town, dans laquelle le retour d’un frère disparu est prétexte à l’exploration des non-dits qui peuvent grever une famille. Jean-Denis Beaudoin, qui signait le sombre Mes enfants n’ont pas peur du noir en 2014 et l’étonnant Épicerie en 2016, revient pour sa part au Périscope avec Dévoré(s), qui risque de faire une belle place au décalage entre horreur et réalisme qu’affectionne l’auteur.

Premier Acte, dont c’est le créneau, garnit évidemment le portrait avec son habituelle suggestion de découvertes. Fièvre, de Rosalie Cournoyer, lancera le bal en septembre avec une proposition pour trois comédiens, autour de la relation d’aide et de la santé mentale. La compagnie Kill ta peur, après La fille qui s’promène avec une hache livrée l’an dernier sur les mêmes planches, fait quant à elle un retour avec Amour amour, dans laquelle un groupe d’individus réunis dans un étrange décor, reprenant à zéro la question de ce qui nous unit, tâchera de bâtir une nouvelle façon de bâtir du lien. Nikki ne mourra pas, du collectif des Soeurs Amar, proposera finalement en novembre le récit, entre théâtre, cirque et musique, d’une adolescente gravitant dans la proximité d’une mère dépressive et alcoolique.

Dans un survol qui n’arrive pas à l’exhaustivité, soulignons en terminant le passage au Périscope de Constituons !, projet par lequel des citoyens ont travaillé à doter le Québec d’un texte fondateur ; après les rencontres qui ont mené à la rédaction de ce texte, le pilote du projet, Christian Lapointe, vient présenter la construction théâtrale qu’il a tirée de cette expérience collective.

Un nouveau joueur en ville

La saison 2019-2020 à Québec introduit un nouveau joueur dans l’offre théâtrale à Québec. À celles de La Bordée, du Périscope, de Premier Acte et du Trident qui font saison, s’ajoutera donc désormais la salle du Diamant, projet de longue date qui voit enfin le jour.

Le théâtre qui accueillera Ex Machina présente une programmation volontairement éclectique, ainsi qu’un choix fort symbolique pour lancer sa saison inaugurale, avec Les sept branches de la rivière Ota. Première pièce montée par Robert Lepage avec sa troupe, à partir de 1994, cette saga de sept heures — ici, une commande pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2020 — sera aussi la dernière ébauchée dans la caserne Dalhousie.

Le cirque, avec des titres comme Blizzard, dans une mise en scène d’Olivier Normand, et Passagers, des 7 doigts, partagera l’affiche avec des propositions plus théâtrales : Là où le sang se mêle, rappelant la mémoire des pensionnats autochtones, et Per te, du Suisse Daniele Finzi Pasca, de retour après son touchant Icaro présenté au Carrefour international de théâtre en 2013. Les marionnettes seront aussi conviées avec le travail du Canadien Ronnie Burkett et son Daisy Theatre, de même qu’un surprenant gala de lutte, reflet d’une ouverture qu’on veut grande, dans cette salle qui sera dévoilée au public le 30 août.