Prolongation et succès presque inespéré pour le FIAMS


Devant la forte demande pour la pièce «Swift», le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay a ajouté deux représentations supplémentaires de la production.
Photo: Source FIAMS Devant la forte demande pour la pièce «Swift», le Festival international des arts de la marionnette à Saguenay a ajouté deux représentations supplémentaires de la production.

La 13e édition du Festival international des arts de la marionnette à Saguenay (FIAMS) s’est terminée de façon inespérée : en prolongation ! « La demande était tellement forte, explique la porte-parole Élisabeth Gaudreault, que nous avons ajouté deux représentations supplémentaires de Swift de la compagnie française Skappa Associés, lundi… alors que le festival se terminait dimanche. Nous sommes plus que satisfaits et même agréablement surpris. »

Du 21 au 27 juillet, donc, le taux de fréquentation s’est fixé à plus de 80 % dans les huit salles accueillant des spectacles du festival ; on a même dû augmenter à plusieurs reprises la jauge des spectacles pour répondre à la demande. Tout cela sans compter le fait que la programmation extérieure gratuite a généré, malgré les grains de pluie, un achalandage aussi inespéré qu’inattendu au parc de la Rivière-aux-Sables, mais surtout autour du mont Jacob, où l’on invitait les enfants à un irrésistible parcours en forêt (Cache-cache marionnettes). Bref, même s’il reste encore à comptabiliser les entrées, la renaissance du FIAMS semble solidement acquise.

Audace et diversité

Tout cela n’est évidemment pas dû au hasard. Cette édition du FIAMS reposait sur une programmation équilibrée (10 spectacles gratuits et dix productions étrangères sur un total de 30) et solide où l’on retrouvait presque autant de créations que de spectacles tout neufs. Du côté québécois, on pense surtout à la compagnie Motus, qui venait ici avec son tout nouveau Méphisto Méliès et son très beau Élisapie et les aurores boréales.

À Bouches décousues, aussi, qui proposait son Conte Arbour (qu’on dit remarquable, mais que je n’ai toujours pas vu !) et à Tenon Mortaise également, qui créait ici son tout nouveau spectacle pour les tout petits de 2 ans, Carré de sable — que je n’ai pas pu voir non plus parce qu’on ne peut pas voir 30 spectacles en 3 jours — dont on m’a dit le plus grand bien. Le FIAMS aura aussi pris le risque de faire confiance et de faire connaître les spectacles de plusieurs nouvelles compagnies (Vous me collez à la peau, Petit Pierre, gros bureau, Le trésor du Buttereau et plusieurs autres), ce qui est aussi un des rôles importants d’un festival.

Du côté de l’international, le FIAMS a fait quelques « prises » remarquables, dont le Swift racontant sous un angle inédit les aventures de Gulliver, Insensé ? et Diagnostic : Hamlet, de même que Le guichet des anonymes de la compagnie française Roi Zizo qui démonte de façon étonnante la mécanique du trafic des illégaux. On a investi aussi dans la rencontre et l’échange en misant sur un stage avec l’unique Alice Laloy et des ateliers professionnels permettant de saisir la dynamique de la marionnette ici comme en Europe.

Pour couronner le tout, l’UNIMA, l’association regroupant les marionnettistes du monde entier, a tenu durant le festival une importante session au cours de laquelle sa Commission du patrimoine a pris la décision de « créer un inventaire, une base de données des traditions de la marionnette dans le monde : inventorier, archiver et filmer les expressions, les traditions et les manifestations de la marionnette et plus spécifiquement ces formes patrimoniales appelées à disparaître ».

Après tout cela, on s’étonnerait que le FIAMS ait dépassé ses objectifs ?