«Antonio Vivaldi», Orchestre de l’Opéra Royal et Diego Fasolis

Le Suisse Diego Fasolis est l’un des maîtres actuels du baroque. Il suffit d’entendre la manière douce et illuminée dont sonne l’Orchestre de l’Opéra Royal par rapport à l’enregistrement La captive du sérail dirigé par Gaétan Jarry commenté la semaine dernière. Le titre de cette sérénade de Vivaldi signifie « La Seine en fête ». Deux personnages allégoriques, l’Âge d’or (soprano) et la Vertu (mezzo), trouvent le bonheur au bord de la Seine, le fleuve étant personnifié par une basse. Tous rendent hommage à l’avènement de Louis XV au trône de France. Même si tout cela ne vise qu’hédonisme et plaisir, l’oeuvre de grande ampleur (80 minutes) est inspirée, spectaculaire (air de basse « Qui nel profondo » qui fait penser à La Resurrezione de Händel) et remarquablement troussée. Il existe plusieurs versions de La Senna Festeggiante, avec au sommet Bonizzoni (Glossa) et Alessandrini (Opus 111). Mais le trio vocal sans faille (Gwendoline Blondeel, Lucile Richardot, Luigi De Donato) et la direction souple de Fasolis donnent une prime à la nouveauté.

 

Antonio Vivaldi

★★★★ 1/2
​Classique

Orchestre de l’Opéra Royal, Diego Fasolis, Versailles CVS064

À voir en vidéo