NOBRO fait sérieusement la fête

Recruté par le label britannique Big Scary Monsters en 2020, le quatuor montréalais a déjà réservé le mois de décembre pour enregistrer son premier véritable album.
Photo: Chris MacArthur Recruté par le label britannique Big Scary Monsters en 2020, le quatuor montréalais a déjà réservé le mois de décembre pour enregistrer son premier véritable album.

À force de talent et d’acharnement, les filles de NOBRO sont tout près d’atteindre les ligues majeures du punk. Recruté par le label britannique Big Scary Monsters (The Get Up Kids, illuminati hotties, Laura Jane Grace) en 2020, le quatuor montréalais a déjà réservé le mois de décembre pour enregistrer son premier véritable album. D’ici là, ses membres s’amuseront à défoncer des tympans, dont ceux des festivaliers de Québec vendredi soir dans une affiche 100 % punk-rock au parc de la Francophonie (le Pigeonnier), avec The OBGMs, Millencolin, Pennywise et Sum 41. Dans le rock comme au hockey, la chanteuse, bassiste et centre de 5 pieds 4 pouces Kathryn McCaughey, aux côtés de ses amies, joue pour gagner.

L’anecdote que raconte Kathryn McCaughey illustre à merveille l’attitude de NOBRO. « Plus jeune, j’avais seulement envie de jouer au hockey — dans mon tout petit village en Alberta, il n’y avait que ça à faire. J’ai d’ailleurs été l’une des premières filles à jouer au hockey, même si ma mère ne voulait pas que j’y joue. Elle me disait : “Le hockey, c’est pour les gars, toi, tu joueras à la ringuette.” “No mom ! Je veux montrer aux gars que je peux être aussi bonne qu’eux !” » Elle a d’abord joué à la défense, mais sa petite taille la destinait plutôt au poste de centre.

Et elle y excellait, ayant joué jusqu’au niveau universitaire. « On me prenait enfin au sérieux, dit Kathryn. Si tu sens au fond de toi que tu dois accomplir quelque chose, fais-le, dans toutes les situations. Dans le hockey, les études, la musique, il faut se battre. Une des plus satisfaisantes victoires personnelles, c’est de prouver aux autres qu’ils ont tort. »

Ponoka est un village d’agriculteurs situé à une heure de route au sud d’Edmonton. C’est un miracle que la localité ait pu engendrer une des plus furieuses voix du rock montréalais. « Ma mère est d’origine indonésienne. Or, très tôt dans ma vie, j’ai eu conscience qu’il y avait à l’extérieur de Ponoka un vaste monde que j’avais envie de découvrir. » Ce que le hockey, d’abord, puis les études lui ont permis de faire. La diplômée en philosophie est passée par Vancouver et la Californie avant de s’établir à Mont-réal, où un ex-copain musicien lui a appris à jouer de la basse et à composer des chansons.

Exporter le party

 

NOBRO est né de sa rencontre avec la guitariste Karolane Carbonneau, la claviériste et percussionniste Lisandre Bourdages (toutes deux aussi membres de Comment Debord) et la redoutable batteuse Sarah Dion, membre des Shirleys (comme Bourdages) et de l’orchestre d’Émile Bilodeau.

« C’était cool de monter un projet qui fait le pont entre le français et l’anglais », dit Kathryn McCaughey en rappelant que des compositions enfrançais font partie du répertoire de NOBRO et qu’on en entendra davantage sur l’album à venir. « Le plus l’fun, c’est que, lorsqu’on joue [nos chansons en français hors du Québec], tout le monde s’en fout de ne pas comprendre le texte. Y’a que la musique qui prime. C’est excitant de prendre ce qui rend Montréal si spéciale et de l’apporter avec nous en tournée », ajoute la musicienne, qui a appris depuis son arrivée à converser naturellement en français.

Kathryn McCaughey n’a pas seulement appris notre langue en emménageant à Montréal, mais aussi à faire le party. Le récent mini-album du groupe (Live Your Truth Shred Some Gnar) débute par quelques mesures de gospel, avant qu’on entende une des filles dégoupiller une canette de bière et que la nature punk revienne au galop, sur la chanson Better Each Day. À la toute fin, Life Is a Voyage est un moment croqué en studio, avec les filles qui rigolent avant d’enregistrer live cet hymne à la fête.

« Yeah, we go hard, concède la musicienne, sourire en coin. On embrasse ce côté-là de nos vies », lance-t-elle en insistant sur le professionnalisme et le talent, immense, de ses collègues et amies. « On repousse ensemble nos limites, on se motive à avoir encore plus confiance en nous-mêmes et à devenir meilleures. »

NOBRO

Vendredi à 17 h 50, parc de la Francophonie, au Festival d’été de Québec

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