«Pene Pati», Emmanuel Villaume

Dans la livraison des derniers récitals vocaux de Warner, bien plus que le très mitigé Eden d’une Joyce DiDonato chevrotante et accompagnée par un orchestre rachitique, nous avons été ravis par le récital Mozart de la tonique soprano Elsa Dreisig — certes un peu « soûlant » en raison d’une prise de son trop proche — et, par-dessus tout, par le premier récital du rayonnant ténor Pene Pati, originaire des îles Samoa. Ce disque vient peu après le Boulevard des Italiens de Benjamin Bernheim, et l’aura vocale du Samoan n’a rien à envier à la vedette française. L’expression est chaleureuse, le style exquis (air « Ah ! Lève-toi, soleil ! »), l’accompagnement détaillé d’Emmanuel Villaume suscite un intérêt constant et, contrairement au récital Dreisig, les micros sont à parfaite distance. Un programme qui mêle répertoire français (Gounod, Rossini, Massenet, Meyerbeer) et italien (Rigoletto, Élixir d’amour, Roberto Devereux) sert un timbre lumineux parfaitement mis en évidence pour une très belle découverte.

Pene Pati

★★★★
Classique

Orch. national de Bordeaux-Aquitaine, E. Villaume, Warner 0190296348631

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