Le rappeur White-B écope d'une peine de prison de deux ans moins un jour

Le membre de la populaire formation 5sang14 enchaînera deux peines consécutives de deux ans moins un jour.
Photo: Hubert Hayaud Le Devoir Le membre de la populaire formation 5sang14 enchaînera deux peines consécutives de deux ans moins un jour.

Le rappeur White-B, de son vrai nom David Bouchard-Sasseville, passera les prochaines années derrière les barreaux. Celui qu’on a vu aux côtés des grandes pointures de la musique comme Loud ou Souldia a reçu mercredi une seconde peine de prison en quelques mois.

Le juge Manlio Del Negro, de la Cour du Québec, a condamné mercredi l’artiste à une peine de deux ans moins un jour pour possession illégale d’une arme à feu chargée. Cette condamnation a été suggérée d’un commun accord entre la Défense et la Couronne.

Les faits reprochés au membre de la populaire formation 5sang14 remontent au mois d’août 2019. Ce dernier déambulait dans la ruelle Chabot, à Montréal, lorsqu’il y a croisé Rodolphe Jean, cimentier de profession, qui circulait avec son camion. Lorsque les deux se croisent, le rappeur interpelle le travailleur. « Aïe, mon chien », crie-t-il en référence à son chihuahua à ses côtés.

Ne percevant pas l’origine de cet avertissement, M. Jean sort de son véhicule pour comprendre ce qu’il se passe. C’est à ce moment qu’il aperçoit David Bouchard-Sasseville et son animal qui gambade sans être attaché par une laisse. L’altercation débute. « Le prévenu lui crie des bêtises, qu’il va le tuer », raconte le jugement. Il accuse M. Jean d’avoir « presque tué son chien ».

Rodolphe Jean lui répond alors que son chien devrait être attaché pour éviter tout accident, puis, sans demander son reste, remonte dans son camion afin de se rendre à son lieu de travail situé quelques mètres plus loin dans la ruelle. « Le prévenu est derrière son camion et lui crie toujours après », stipule le document de cours.

Puis, Bouchard-Sasseville fait mine de se saisir d’une roche et semble vouloir la lancer sur le camion du travailleur. Alerté, Rodolphe Jean lui demande ce qu’il compte faire avec cette roche. « C’est à ce moment que le prévenu sort sa main droite de sa poche, tenant dans celle-ci une arme que M. Jean décrit comme étant un petit revolver à baril noir », indique le jugement.

Le rappeur va alors plus loin dans ses menaces. « Ça, penses-tu que c’est un faux ? » dit-il.

M. Jean racontera après avoir eu peur de se faire « tirer dessus ». La preuve révélera que « le numéro de série [de l’arme en question] a été modifié, maquillé ou effacé ».

Peines consécutives

 

« L’arme n’a jamais été pointée. L’arme a été exhibée », assure au Devoir l’avocat de la défense, Me Alexandre Bergevin. Le rappeur présente aujourd’hui des remords, selon lui. « Il souhaite tourner la page sur le port d’arme pour sa protection personnelle et mettre à profit le talent musical qu’il a », ajoute-t-il en mentionnant que cette « période trouble de sa vie » pourrait lui permettre « d’enrichir ses textes ».

Cette peine s’accompagne de l’interdiction de porter une arme à feu pour au moins 10 ans, a précisé de son côté la procureure de la Couronne au dossier, Me Christine Desjarlais.

Au moment du prononcé de sa sentence, Bouchard-Sasseville se trouvait déjà en prison dans un établissement de l’Ontario. Il y purge depuis février une première peine, également pour possession illégale d’arme à feu. Cette première peine doit s’étirer pour encore 16 mois. Les deux peines seront ainsi purgées consécutivement, pour un total de près de trois ans et demi de pénitencier.

Le criminel a demandé à être transféré dans une prison québécoise, mais les autorités carcérales ont pour l’instant refusé d’aller de l’avant avec cette requête. « Ça fait trois fois qu’on tente de l’amener au Québec, sans succès », note son avocat.

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