Le Vivier en mode international

Avec «Résonance croisée», l’espace culturel amorce une semaine d’échanges internationaux.
Photo: Fournie par Le Vivier Avec «Résonance croisée», l’espace culturel amorce une semaine d’échanges internationaux.

Montréal voit cette semaine la tenue de « Résonance croisée », qui réunit un éventail d’artistes étrangers autour de musiques de création, sous l’égide du Vivier. Un « grand événement intercontinental » qui revêt une forte symbolique en temps de guerre, insiste la directrice générale du diffuseur spécialisé, Christine Curnillon.

« Nous voulons préserver des îlots de fraternité générés par ces événements, explique au Devoir Mme Curnillon. Cette semaine va donc être vécue avec cette intention de créer un moment convivial autour des musiques nouvelles, même si c’est très exploratoire, très avant-gardiste. »

Jeffrey Stonehouse, co-directeur artistique du Vivier et membre fondateur de l’ensemble Paramirabo, insiste sur « l’occasion de rencontres internationales pour une communauté québécoise effervescente et très présente sur la scène internationale ». Il pense que le public d’ici « n’est pas vraiment conscient à quel point nos artistes sont importants dans leurs domaines ».

Rencontre multiculturelle

 

Cette semaine de concerts, classes de maître et rencontres, qui réunit des musiciens québécois, français, allemands, suisses, autrichiens, espagnols et italiens, est facilitée par le réseau des instituts culturels nationaux de l’Union européenne (EUNIC), avec le soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec.

Huit concerts avec l’apport de cinq ensembles invités, donnés entre mardi et samedi, proposeront dix créations. « Ces compositions nouvelles ont été incubées durant une période de pandémie. Ce sont donc des œuvres qui reflètent directement cette expérience », souligne M. Stonehouse.

Créations en temps troublés

 

Christine Curnillon révèle qu’elle est en train de travailler à la venue d’une compositrice ukrainienne : « C’est un autre sujet, mais nous pensons que les musiques ont aussi un sens citoyen. Cette semaine va être importante dans cette capacité à accueillir les autres qui ont un langage différent. »

La soirée d’ouverture, à partir de mardi à 18 h, enchaînera un spectacle du duo autrichien Doblinger-Neyrinck alliant clarinette basse, piano et chorégraphie sur le thème du temps et de l’emprise qu’il exerce sur nos vies et, à 21 h, un concert du Suisse Philippe Spiesser alliant percussions et technologies.

Mercredi verra se succéder la compositrice et violoncelliste française Séverine Ballon et le duo allemand Hauptmeier-Recker, improvisant à l’aide de systèmes audio multicircuits.

C’est un autre sujet, mais nous pensons que les musiques ont aussi un sens citoyen. Cette semaine va être importante dans cette capacité à accueillir les autres qui ont un langage différent.

Le grand concert de la semaine sera assuré, jeudi à 19 h 30, par le Nouvel Ensemble moderne et l’ensemble italien L’arsenale, avec, au programme, des œuvres de Jesse Diener-Bennett et Keiko Devaux.

Quasar, quatuor de saxophones, et le Quatuor Bozzini se joindront enfin à Flex Ensemble et à UrWerk, deux ensembles allemands, dans des concerts vendredi et samedi à 20 h, un projet « Montréal-Hanovre » qui, comme le confirme Mme Curnillon, permettra une invitation en Allemagne par réciprocité pour les musiciens québécois.

Tous ces concerts ont lieu à l’Espace orange de l’Édifice Wilder.

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