Pink Floyd revit pour l’Ukraine

Le légendaire groupe britannique accompagne le chanteur ukrainien Andriy Khlyvnyuk, le temps d’une chanson d’espoir.
Photo: Sony Music Le légendaire groupe britannique accompagne le chanteur ukrainien Andriy Khlyvnyuk, le temps d’une chanson d’espoir.

Rien que sur YouTube : 3 180 216 visionnages. Au moment d’écrire ces mots, quelques heures après l’arrivée de la chanson et de son clip vidéo sur les plateformes numériques (sur le coup de minuit), c’est le chiffre qui apparaît, à tout le moins jusqu’au prochain rafraîchissement d’écran. Où en est-on, toutes plateformes additionnées ? On a l’impression que le monde entier aura écouté ou / et regardé Hey Hey Rise Up d’ici… la fin de la guerre.

Événementiel est un faible mot pour décrire ce qui se passe. Récapitulons. Andriy Khlyvnyuk, chanteur ukrainien du groupe BoomBox, diffuse le 27 février dernier sur Instagram sa performance en plein Kiev d’un hymne appelant au soulèvement, un protest-song de la Première Guerre Mondiale intitulé The Red Viburnum In The Meadow. Plus que touché, David Gilmour décide de faire quelque chose. L’ex-chanteur-guitariste de Pink Floyd connaît Andriy au moins depuis 2015: ils ont partagé une scène londonnienne lors d’un spectacle de soutien au Belarus Free Theatre. « J’avais joué Wish You Were Here avec lui ce soir-là », précise Gilmour dans le communiqué de Sony Music. Qui plus est, la belle-fille de Gilmour est Ukrainienne. Ça frappe pas loin de la maison, comme on dit. Comment réagir efficacement ? En reformant Pink Floyd, pardi !

Le plus fameux groupe de soutien au monde

Dont acte. C’est ainsi que mercredi dernier, après avoir rallié le compère et batteur Nick Mason à sa cause, avec les musiciens d’appoint Guy Pratt et Nitin Sawhney, le légendaire groupe a été ravivé. À partir de la performance de Kiev, montrée sur grand écran, asssortie d’un montage d’images de l’agression russe en Ukraine, la nouvelle musique composée par Gilmour sur l’air centenaire a été jouée en prise directe. Pour la première fois depuis l’album The Division Bell en 1994, du nouveau Pink Floyd a retenti, portant la voix forte et belle d’Andriy Khlyvnyuk.

Les réactions sont diverses : ça discute intensément sur les réseaux sociaux. On applaudit unanimement le geste. On souhaite que l’effet soit réel et que les consciences soient élevées. On se plaint aussi beaucoup de l’absence de Roger Waters. « Quand il y a Nick Mason et moi, c’est Pink Floyd », a tranché Gilmour sur sa page. Waters, il faut le dire, a quitté le groupe en 1985, et on ne l’a revu qu’une seule fois avec Gilmour, Mason et le regretté Rick Wright, en 2005 lors du grand concert-bénéfice Live 8. Sans nouvelle musique au programme.

Du droit de se réjouir

 

Que vaut Hey Hey Rise Up ? Les avis sont plus que partagés. C’est du Pink Floyd pinkfloydien, pour dire ça simplement. Le rythme lancinant et inéxorable donné par Nick Mason est ponctué par un lot de roulements caractéristiques, et l’immense et fort long solo de guitare de Gilmour, éminemment mélodique, gagne en envergure de mesure en mesure. Oui, c’est poignant, et très beau. Et plus que prévisible. Aurait-on voulu autre chose ? Oui, il aura fallu une terrible guerre et des motifs personnels pour que Pink Floyd existe à nouveau. Toute la difficulté est de ne pas seulement se réjouir. On en est maintenant à 3 469 356 visionnages.

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