Le Festival ODD SOUND est tombé près du pommier

Au cours des deux dernières années, Jacques Kuba Séguin a continué à donner des concerts «dans le jardin, chez moi, comme une manière de garder ma santé mentale», pendant que ses collègues et lui étaient empêchés de monter sur scène.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Au cours des deux dernières années, Jacques Kuba Séguin a continué à donner des concerts «dans le jardin, chez moi, comme une manière de garder ma santé mentale», pendant que ses collègues et lui étaient empêchés de monter sur scène.

Même avant que la pandémie nous tombe dessus, le compositeur et trompettiste Jacques Kuba Séguin en était aussi venu à cette conclusion : il n’y aura jamais trop de festivals de jazz à Montréal. La création du festival Odd Sound, qui se déroulera les 7, 14 et 15 avril, mijotait donc depuis trois ans, « mais la pandémie nous a mis des bâtons dans les roues », dit-il. À moins qu’elle ait plutôt offert au musicien et à ses collaborateurs Philippe Côté, saxophoniste, et Olivier Hébert, contrebassiste et tromboniste, une piste musicale à explorer avec cet événement ?

C’est qu’au cours des deux dernières années, Jacques Kuba Séguin a continué à donner des concerts « dans le jardin, chez moi, comme une manière de garder ma santé mentale », pendant que ses collègues et lui étaient empêchés de monter sur scène. Il a ainsi réuni les voisins dans un groupe privé sur Facebook nommé « Jazz sous le pommier dans Villeray », pour les inviter à une série de microconcerts estivaux. « Je faisais à manger, les gens arrivaient par la ruelle en apportant leurs chaises et venaient découvrir le travail des compositeurs d’ici. Ça a marché : plus d’une centaine de personnes se sont abonnées à la page privée. Et plein de gens me disaient : Moi, le jazz, je n’aime pas ça, mais ça, oui ! »

« Dans l’échange »

Sous le pommier a germé le concept du festival Odd Sound : une direction musicale portée sur le jazz et les musiques instrumentales de composition. L’événement sera inauguré à l’heure de l’apéro jeudi à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal, avec Jacques, Yannick Rieu (saxophone ténor), Jean-Michel Pilc (piano), Olivier Salazar (vibraphone), Rémi-Jean Leblanc (contrebasse) et Kevin Warren (batterie).

Les 14 et 15 avril, le festival Odd Sound s’installera à la Sala Rossa pour des soirées s’inspirant des concerts de ruelle, avec trois concerts « relativement courts » par soir. D’abord, Philippe Côté (en trio) et son projet Ornithologie, l’orchestre du contrebassiste Alex Le Blanc et le dansant Chomedey Inn. Le lendemain, place au brass band du tromboniste Olivier Hébert, au trio de la pianiste Emie R. Roussel et au Nonette Odd Sound, « qui réunit plein de musiciens qui ont des albums parus sur notre étiquette et qui ont tous composé des œuvres spécialement pour ce concert ».

Un vrai festival-boutique, quoi, niché mais accessible, à l’image des musiciens qui forment la petite famille musicale du compositeur et trompettiste. « Une initiative à échelle humaine, où on est plus dans l’échange, indique Jacques Kuba Séguin. On veut provoquer des collaborations, un festival où les musiciens sont eux-mêmes les directeurs artistiques de l’événement. »

« À travers Jazz sous le pommier, on s’est rendu compte que les gens ont besoin d’entendre de la musique instrumentale, ont besoin de découvrir ce genre de musique qui ne connaît pas de barrière linguistique, et maintenant, on amène l’idée un peu plus loin avec le festival », rattaché à la structure d’autoproduction (de disques et de spectacles) Odd Sound, dans laquelle, souligne Jacques Kuba Séguin, « chaque artiste a son son, sa vision, sa manière de faire les choses, mais tout le monde a le même statut dans la structure puisqu’on se sépare les tâches ».

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