Motomani, Rosalía

Après le succès critique et commercial du très remarqué El Mal Querer (2018), Rosalía Vila Tobella largue un des albums les plus attendus de la saison. Fusionnant avec la même habileté flamenco, musique urbaine et pop, l’Espagnole de 30 ans s’entoure de collaborateurs de pointe (Pharrell, James Blake, En Guincho) et atteint sa cible encore une fois. Entre une ouverture qui a de la gueule (Saoko), un duo attendri avec The Weeknd (La Fama), des hymnes joyeusement frondeurs où elle assumetoutes ses envies et ambitions, Rosalía unit tradition et modernité, dans sa musique et en couverture d’album, où elle pose en Vénus croisée avec un cyborg. Elle salue au passage Lil’ Kim et M.I.A., affichant la même autodétermination. Les rythmes traditionnels sont parfaitement intégrés à l’époque, une alchimie dans laquelle elle brille. À la manière d’une chanteuse flamenco en survêtement Versace, Rosalía s’amuse avec la sonorité de l’espagnol, de manière assumée, avec une voix qui fascine et enchante. Gros calibre.

 

Motomani

★★★★
Pop

Rosalía, Columbia

À voir en vidéo