House To House, Matt Andersen

On imagine la scène. Le groupe joue façon marteau-enclume, blues-rock irrépressible après blues-rock irrépressible. Matt Andersen soupire, un peu las. Les gars ! Eh, les gars ! Il s’égosille en vain, abandonne, va débrancher les instruments. Les gars, soumet-il, si on prenait une pause ? Ça nous ferait le plus grand bien. Nous ? Les gars font la moue. Matt lâche le morceau : je l’avoue, ça ME ferait le plus grand bien. Et voilà donc notre digne héritier des Gregg Allman, Leslie West et autres redoutables meneurs de hordes, tout seul avec sa guitare acoustique et un répertoire de circonstance : Time For the Wicked To Rest, Peace of Mind, See This Through… Ça dit ce que ça dit : prenons le temps de s’entendre vivre. « Let me hold you close to me », chante-t-il doucement. « A little love is all we need », résume-t-il. Ce neuvième album est bel et bien un baume. Pour lui comme pour nous. Un bivouac de salon, de maison en maison. Voilà l’intention, le titre et le résultat. Bienvenue chez nous, Matt.

 

House to House

★★★ 1/2
​Folk-blues

Matt Andersen, Stubby Fingers/Sonic Records

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