Anna Netrebko, Orchestre de la Scala de Milan et Riccardo Chaill

Plage 9 : « Sola, perduta, Abbandonata », air de Manon Lescaut de Puccini. Voilà la plage sur laquelle il faut se précipiter dans ce disque oppressant d’héroïnes condamnées aux ténèbres. Il y a les frissons, les larmes, les sens retournés. Cet air induit aussi la compréhension profonde de la place de ce récital dans le parcours d’Anna Netrebko. La soprano est arrivée à un point majeur de sa carrière, où la voix s’est tellement épanouie qu’elle lui permet, du moins au disque, d’aborder des rôles aussi divers que Didon de Purcell, Butterfly de Puccini et Isolde de Wagner. L’impact et l’élargissement sont impressionnants sans l’intrusion d’un vibrato trop envahissant. Plus Manon et Adriana Lecouvreur que Butterfly, Netrebko confère un impact mémorable aux airs de La dame de pique et d’Aïda. Dans Wagner, l’air d’Elisabeth (Tannhäuser) lui sied mieux qu’Elsa (Lohengrin), Isolde montrant que la problématique est, en allemand, de plier le mot à la voix et au son. Mais il fallait le faire, c’est très bien fait, avec un accompagnement de luxe.

  

Anna Netrebko

★★★★
Classique

Airs d’opéras. Orchestre de la Scala de Milan, Riccardo Chailly, DG 486 1543

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