Nonante-cinq, Angèle

Angèle a eu le cœur gros et ne se prive pas pour exprimer ses doutes et ses peines sur Nonante-cinq, son second disque. Si l’album ne diffère pas de Brol dans ses élans chanson pop dansante (toujours concoctés avec l’aide du compositeur et coréalisateur français Tristan Salvati), il s’en démarque par le ton des ballades et par le spleen qui l’habite. On retiendra d’abord Taxi, récit de rupture amoureuse servi piano-voix au cœur de l’album, peu après la remarquable Solo, chanson pop aigre-douce, désillusionnée mais dansante. Sur Mots justes en fin d’album, Angèle s’inspire du débit de Barbara, accompagnée d’un piano droit et de la plus audacieuse production électronique de l’album, et encore sur Mauvais rêves : « J’les ai dans la peau, je les vois même quand je dors / Mais cette fois c’est celle de trop, plus jamais j’en aurai peur / Et mes rêves sont des naufrages qui me traînent jusqu’au cauchemar ». Heureusement, il y a la parfaite Bruxelles je t’aime, Plus de sens et l’excellent duo avec Damso (Démons) pour tonifier ce disque réussi, mais prudent.
 

Nonante-cinq

★★★ 1/2
​Pop

Angèle, Angèle VL Records

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