Ciné-parc fantôme, Antoine Lachance

Quand on se retrouve chez soi, au milieu de ruines, ça peut être désespérant. Ça fait songer à ce qu’il y avait avant. Et puis, un peu malgré soi, on trouve la beauté, la tendresse, une certaine paix de l’âme, dans ces vestiges. Inspiré par un ciné-parc désaffecté, un peu comme un Bruce Springsteen par son Asbury Park, station balnéaire déchue, Antoine Lachance a vu la vie, tenace, pousser dans les interstices de la mort. Son troisième album échappe ainsi à la tristesse ambiante, porté par des musiques plutôt pimpantes et pop. Pas toujours : pour une Belle Élodie de piste de danse des années 1980, il y a La porte de l’hôpital, par laquelle, évoquons le parolier Pierre Huet, les blues ne passent décidément plus. « Un grand dérapage, une croix sur le bord de l’autoroute », chante Antoine : à la fois le texte le plus implacable et la plus douce mélodie de l’album. Qui s’achève par une reprise de Vilain Pingouin, Les belles années, donnée très, très lentement. Une berceuse pour les fantômes.
 

Ciné-parc fantôme

★★★
Chanson

Antoine Lachance, Rosemarie Records

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