Link Wray Sings and Plays Guitar, Link Wray

Link Wray prit d’assaut les palmarès en 1958 avec ses Ray Men et un rock instrumental distorsionné, menaçant et irrépressible : Rumble. La rixe de naissance du punk, du hard rock et du métal. La légende de Link Wray était écrite : celle d’un guitariste brut et cru. Certainement pas un colporteur de 45 tours à la mode : c’est pourtant ce qu’il tenta de devenir en 1964. Mais il eut beau, non sans talent, se faire chanteur en tous genres, se frottant à la manière Beatles (Baby Doll est une variante d’I Want to Hold Your Hand), imitant les hoquets de Buddy Holly (Walkin’ Down the Street), se moulant aux moues d’Elvis (Young Hearts reprend carrément le picking de Can’t Help Falling in Love), il fit chou blanc. Rien n’est négligeable pourtant sur cet album, pour une raison aussi prévisible que simple : la guitare hache menu chaque mélodie et s’impose. Link Wray tentera encore de chanter, mais quand je le vis en 1978 au El Casino avec Robert Gordon, tout de cuir vêtu, ses riffs parlaient pour lui. À tue-tête.

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Link Wray Sings and Plays Guitar

★★★ 1/2
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Link Wray, Sundazed Records

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