Eric Coates, Orchestral Works, vol. 2

Il existe une musique orchestrale qu’on n’entend jamais et dont on ne parle jamais : un répertoire de l’entre-deux-guerres (ici 1919-1938) composé pour extirper un peuple des traumatismes de la Grande Guerre. Les Anglais l’ont appelé « light music », et elle vaut bien des musiques de ballet. Quand on voit l’eau de vaisselle revêtue aujourd’hui du qualificatif de « néoclassique », on brûle de réhabiliter cette musique « légère », mélodiquement inspirée et traitée avec art. Avec son Sur un marché persan, Albert W. Ketelbey fut, il y a 50 ans, un porte-drapeau du genre. La production admirablement orchestrée d’Eric Coates (1886-1957), un altiste sans lien de parenté avec le chef Albert Coates, témoigne cependant d’une constance d’inspiration plus grande, à l’image de ce volume publié par Chandos, parfait disque estival, autour du Jardin enchanté et de Nuits d’été. Cette inspiration « Belle Époque » montre qu’il faut savoir apprécier les petits maîtres, souvent dénigrés. Après tout, la planète admire bien Johann Strauss !

Eric Coates

★★★★

Orchestral Works, vol. 2, BBC Philharmonic, John Wilson, Chandos 20148

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