Forte baisse des ventes d’albums en 2020

En 2020, les ventes de CD ont dégringolé de 48% dans la province; celles des albums numériques et des disques vinyle, de 16% et 14% respectivement.
Photo: Adil Boukind Le Devoir En 2020, les ventes de CD ont dégringolé de 48% dans la province; celles des albums numériques et des disques vinyle, de 16% et 14% respectivement.

Pendant que les plateformes de musique en continu (streaming) continuaient de croître, les ventes de CD, de vinyles et d’albums numériques ont enregistré leur plus forte baisse des 10 dernières années en 2020, selon l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Les ventes d’albums, tous types de supports confondus, ont baissé de 36 % en 2020 comparativement à 2019, révèlent les données publiées jeudi par l’organisme.

En cette année marquée par la pandémie, les ventes de CD ont dégringolé de 48 % ; celles des albums numériques et des disques vinyle, de 16 % et 14 %, respectivement.

Les ventes d’albums physiques (CD et vinyles) ont tout particulièrement été plombées par l’émergence de la COVID-19, celles-ci ayant plongé de 87 % dans les trois semaines qui ont suivi la déclaration de l’état d’urgence sanitaire au Québec, le 13 mars 2020.

« Il aura fallu attendre le mois de novembre 2020 et la croissance des ventes associées au temps des Fêtes pour retrouver des résultats semblables à ceux du début de l’année, observe l’ISQ. La pandémie, avec la fermeture des disquaires durant quelques semaines, est venue amplifier la baisse de ventes de CD, lesquelles avaient déjà diminué de 26 % en 2019. »

Même si les ventes d’albums numériques ont baissé l’an dernier, la chute observée en 2020 a été moins prononcée que celle de 2019. « Une hypothèse avancée pour expliquer cette différence est qu’une partie des consommateurs, devant l’impossibilité d’acheter des CD, a plutôt opté pour un produit numérique », écrit l’organisme statistique.

36 %
C’est la baisse enregistrée, en 2020, pour les ventes d’albums au Québec, tous types de supports confondus.

Après un bref recul du nombre d’écoutes sur les plateformes de musique en continu en mars 2020, celles-ci ont repris du poil de la bête dès le mois suivant et ont atteint leur niveau prépandémique dès la fin de mai 2020. À l’échelle du Canada, on y a dénombré 88 milliards d’écoutes en 2020, soit 16 % de plus qu’en 2019.

Produits québécois

Malgré la décroissance des ventes d’enregistrements audio, « la part de marché des produits québécois s’est maintenue en 2020 », constate toutefois l’ISQ.

Les produits québécois ont représenté 49 % des ventes d’enregistrements audio l’an dernier, comparativement à 50 % l’année précédente.

La part des produits québécois varie selon le type de support. Elle représente 55 % des ventes de produits physiques, comme les CD et les disques vinyle, et 36 % des ventes numériques (54 % dans le cas des albums ; 17 % pour les pistes à la pièce).

Par ailleurs, l’ISQ fait état d’une baisse de la part de marché des produits francophones. Celle-ci est passée de 36 % des ventes d’enregistrement audio en 2019 à 33 % l’an dernier.

Des tendances sur les plateformes de musique en continu

  • L’Amérique pleure des Cowboys Fringants est la piste québécoise la plus écoutée au Canada.
  • Quatre des cinq interprètes québécois francophones les plus écoutés depuis 2015 sont issus du rap et du hip-hop : Loud, Enima, Souldia et Fouki.
  • Les trois artistes québécois les plus écoutés au Canada ont été Céline Dion, Les Cowboys Fringants et Alexandra Stréliski.


À voir en vidéo