Miklós Rózsa, Bernard Herrmann

Bartók côtoie Chostakovitch dans un disque d’œuvres étrangement inconnues de leurs répertoires. Eh bien non, c’est Miklós Rózsa, le compositeur de Ben-Hur, associé à Bernard Herrmann, partenaire musical d’Alfred Hitchcock. À ce titre, ce CD est l’une des plus stupéfiantes découvertes de l’année. Rózsa (1907-1995) est issu d’une filière classique, formé à Leipzig puis à Paris auprès de Honegger. Le Trio, son Opus 1, de 1927, est d’héritage postromantique très « années 1920 ». Par contre, son Quatuor op. 22 (1950), écrit après Quo Vadis, est un cri, une sorte d’hommage à Bartók, mort aux États-Unis dans le dénuement cinq ans plus tôt. On y trouve la complexité rythmique, l’astringence, sans recherche de « joliesse ». Mais la surprise majeure est Echoes pour quatuor à cordes de Bernard Herrmann (1965), partition sombre, presque désespérée, digne des derniers quatuors de Chostakovitch, qu’il était dommage et inutile de parasiter avec des réminiscences de Psychose et de Vertigo dans le dernier quart. Superbes interprétations, découvertes majeures.

 

 

Miklós Rózsa

★★★★

Quatuor à cordes no 1, Trio no 1, + Herrmann, Ensemble Merian, Brilliant 96230

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