Une pirouette numérique lance Montréal baroque

Le festival débutait jeudi soir avec « Architecture chorégraphique », des Jardins chorégraphiques, accompagnés par les musiciens des Boréades.
Photo: Capture d’écran Les Jardins chorégraphiques Le festival débutait jeudi soir avec « Architecture chorégraphique », des Jardins chorégraphiques, accompagnés par les musiciens des Boréades.

Le festival Montréal baroque 2021 adopte une formule hybride associant concerts devant public et présentations virtuelles. Il débutait jeudi soir avec « Architecture chorégraphique », des Jardins chorégraphiques, accompagnés par les musiciens des Boréades.

« Architecture chorégraphique », que Marie-Nathalie Lacoursière et Stéphanie Brochard des Jardins chorégraphiques ont sous-titré « Pirouette numérique », n’est pas un concert sans public. Le produit présenté jeudi est un montage de près d’une heure, prémédité tout au long de la pandémie, même en hiver.

Avec des séquences dans la ville, le métro ou au bord du fleuve, il peut constituer vis-à-vis de spectateurs étrangers une carte postale musicale animée de Montréal à travers les saisons.

Étrange candeur

Cela dit, la chose est étrange, avec sa candeur à nous raconter toutes les coulisses (obtention de subventions, conditions de tournage), un peu comme si un chef cuisinier vous parlait de ses courses chez IGA et de ses noisettes rances.

Il y a là un petit côté boy-scout, qui s’occupe en se filmant (avec talent) pendant la pandémie. Peut-être, avec la prédisposition d’une sorte d’esprit baroque ça peut amuser au 4e degré… Mais dépenser 20 dollars et se planter dans un canapé pour regarder ça reste une autre question, malgré les idées inventives et audacieuses.

Parmi les autres considérations, il y a le fait que dans notre nouvelle réalité tout va très vite, dans un sens ou dans l’autre. Donc quand on espère sortir d’une pandémie, on n’a pas très envie de se replonger dans une époque qu’on essaie d’oublier. En d’autres termes : les produits vidéo qui nécessitent travail et montage et cherchent à être « dans l’air du temps » sont à double tranchant. Ils se périment très vite, parfois avant diffusion.

Musicalement et artistiquement, après les courts métrages La chaconne de Montréal et Triptyque 19 (accessible gratuitement sur YouTube !), c’est dans le plus traditionnel (la séquence finale avec la musique de table de Telemann) que l’on trouve non pas le plus original, mais le plus inoxydable de cette mosaïque.

À partir de 21 h, et aussi jusqu’au 1er juillet, Montréal baroque et Livetoune diffusent « Anguille sous roche », programme de 35 minutes à deux violes avec Susie Napper et Mélisande Corriveau, cette fois sous forme de simple concert dans un cadre lumineux mais pauvre (une grande fenêtre, une bibliothèque vide, une porte et un radiateur), avec un spectre sonore froid, un peu tiré vers le haut. C’est chiche et fruste.

Suite vendredi en personne au Rialto dès 16 h, avec un hommage à Bruce Haynes, suivi d’un concert Bach dirigé par Mathias Maute à 17 h 30 et d’une prestation de Flûte alors ! à 21 h. Conclusion dimanche, toujours au Rialto en présence dans l’après-midi avec un parcours musical, un concert de vents à 19 h et des ragas à 21 h. Les concerts Bach seront webdiffusés à compter du 2 juillet, et le parcours musical à partir du 17 juillet.

Le lancement de Montréal baroque ne nous a donc pas permis de suivre le concert Dialogues de la SMCQ autour d’œuvres de Katia Makdissi-Warren donné au même moment à Longueuil. La webdiffusion de jeudi semble cependant accessible en différé par le site de la SMCQ.

 

Montréal baroque

« Architecture chorégraphique » et « Anguille sous roche ». Avec Les Jardins chorégraphiques, Les Boréades et Les Voix humaines. Webdiffusions du 17 juin au 1er juillet. Concerts en présence à venir vendredi 16 h, 17 h 30 et 21 h. Et vendredi 14 h, 14 h 30, 15 h, puis 19 h et 21 h.

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