Bramwell Tovey à l’OSQ en attendant un nouveau chef

L’ancien chef de l’Orchestre symphonique de Vancouver, Bramwell Tovey, est chef invité principal pour deux saisons.
David Cooper L’ancien chef de l’Orchestre symphonique de Vancouver, Bramwell Tovey, est chef invité principal pour deux saisons.

L’Orchestre symphonique de Québec dévoile jeudi la première partie de sa saison 2021-2022 visant le recrutement d’un nouveau directeur musical. L’ancien chef de l’Orchestre symphonique de Vancouver, Bramwell Tovey, est nommé chef invité principal pour deux saisons afin de maintenir le niveau de l’OSQ entre-temps.

« Si tout va bien, fin août 2022 nous serons fixés, à moins d’avoir encore des retards liés à la pandémie », dit au Devoir Astrid Chouinard, directrice générale de l’Orchestre symphonique de Québec, qui avoue avoir déjà 15 mois de retard sur son plan de match. Le contrat de directeur musical de Fabien Gabel est échu depuis la fin de la saison 2019-2020. Gabel restait « conseiller musical » en 2020-2021, ce qui lui valait d’assumer quelques concerts qu’il n’a finalement pas dirigés, pandémie oblige.

Pour tenir la boutique, le temps de trouver la perle rare, l’OSQ se tourne désormais vers Bramwell Tovey, 67 ans, un chef d’expérience dont la carrière était entre parenthèses en raison d’un cancer. « Mon cancer va bien… En fait, mon cancer va mal et je vais bien », lance, amusé, le facétieux Bramwell Tovey à l’autre bout du fil. « Je suis en ce moment à Boston, où une chirurgie doit me débarrasser définitivement de la tumeur. » Le chef avoue avoir été très prudent pendant la pandémie « à cause de la chimiothérapie ». « Après les Proms au Royal Albert Hall l’été dernier, je n’ai rien dirigé avant la fin de semaine dernière. J’ai quelques engagements cet été, à Los Angeles et aux Proms. Les médecins et moi-même sommes optimistes et pensons que je pourrai reprendre pleinement à l’automne. »

Bramwell Tovey est venu pour la dernière fois à Québec juste avant son diagnostic, il y a deux ans. « L’OSQ a toujours été un bon orchestre, mais j’ai trouvé que le directeur musical l’avait porté à un niveau exceptionnel. Mon rôle va être de maintenir et de développer cette qualité, psychologiquement et physiquement. Je peux offrir 40 ans d’expérience pour cela », dit le chef, qui se voit comme un « primus inter pares », un confrère des musiciens, dans ce processus. Impliqué dans la programmation, Tovey considère que, « dans cette période de post-COVID, où la plupart des spectateurs n’auront pas vu un concert depuis 18 mois, il faudra leur souhaiter la bienvenue avec des œuvres familières pour qu’ils voient la reconstruction de leur monde d’avant ».

Le beau-frère

Les chefs et cheffes qui habiteront ces partitions connues seront les prétendants, choisis par un comité de sélection et clairement identifiés par l’OSQ. L’institution, en publiant son programme de l’automne, avance quatre noms : l’Estonien Olari Elts, le Norvégien Eivind Gullberg Jensen, le directeur de la Canadian Opera Company, Johannes Debus, et Joshua Weilerstein, le beau-frère de Rafael Payare, successeur de Kent Nagano à Montréal.

Avec un œil aiguisé, on note que l’OSQ mentionne que le processus « se poursuit » en 2021-2022. Cela indique ouvertement que les prospects nord-américains ont été testés pendant la pandémie : les noms Jean-Marie Zeitouni, Nicolas Ellis, Andrei Feher, Gordon Gerrard et Jordan de Souza viennent à l’esprit. Mais l’année 2020-2021 a aussi permis de rencontrer Tania Miller, Alexander Prior (un Anglais en poste à Edmonton), Mélanie Léonard et Jean-Claude Picard.

L’OSQ a toujours été un bon orchestre, mais j’ai trouvé que le directeur musical l’avait porté à un niveau exceptionnel.

Les œuvres phares dans lesquelles les uns et les autres chercheront à s’illustrer sont les Danses symphoniques de Rachmaninov pour Olari Elts le 16 septembre, la 7e Symphonie de Beethoven pour Johannes Debus en octobre, la Neuvième pour Eivind Gullberg Jensen et la Pastorale pour Joshua Weilerstein en novembre.

Quant à Bramwell Tovey, il dirigera la Symphonie fantastique les 22 et 23 septembre. « C’est un chef chevronné qui a aussi un réseau important. C’est le moyen de maintenir le niveau, en parallèle d’un processus qui prend plus de temps que prévu », résume Astrid Chouinard.

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