Arthur, Watson et les Cowboys s’illustrent au Gala de l’ADISQ

P'tit Belliveau en performance pendant le Premier Gala de l'ADISQ 2020
Photo: ADISQ P'tit Belliveau en performance pendant le Premier Gala de l'ADISQ 2020

Louis-Jean Cormier et le projet Flore Laurentienne, du compositeur Mathieu David Gagnon, s’engageaient dans la semaine du gala de l’ADISQ en tête des nominations. Or, ils ont été négligés hier soir, lors du Premier Gala présenté à Télé-Québec. Après cinq ans d’absence sur disque, le retour de Marie-Pierre Arthur lui fut bénéfique : elle a remporté deux des plus prestigieux Félix de la soirée, soit Album de l’année — choix de la critique et Album de l’année — alternatif, pour Des feux pour voir, pendant que son ami Patrick Watson décrochait ceux de l’Album de l’année — anglophone et du Spectacle de l’année — anglophone pour Wave. Rompus aux victoires à ces galas, les Cowboys Fringants ont décroché trois Félix.

Les téléspectateurs ont eu droit à « un gala complètement repensé, pour célébrer une année pas comme les autres », a prévenu Pierre Lapointe en début d’émission, ajoutant que « le talent, la sensibilité et la créativité de nos artistes n’ont jamais été mis en quarantaine ». Le tempo de ce Premier Gala fut forcément plus lent que d’ordinaire, néanmoins rythmé par les remerciements pré-enregistrés, de brèves entrevues avec les artistes, et animé par les performances musicales, surtout celles du Nomadic Massive, de Cindy Bédard et des musiciennes du collectif Nikamu Mamuitun, qui portaient tous un chandail demandant « Justice pour Joyce » Echaquan.

Lapointe a également fait allusion à la vague de dénonciations dans l’industrie de la musique québécoise survenue l’été dernier en rappelant la « prise de conscience douloureuse, mais nécessaire » que cette vague a provoquée. « Y’a une parole qui s’est libérée, et on l’entend ; on sait tous qu’il n’y aura pas de retour en arrière possible » dans cette industrie musicale « qu’il faut rebâtir sur des bases égalitaires, inclusives, respectueuses et ouvertes ».

Ce fut tout de même une remise de prix sans grandes surprises, hormis peut-être la victoire de Gregory Charles (pour LEN) dans la catégorie Album de l’année — instrumental où était justement cité le volume 1 de Flore Laurentienne. De la même manière, on débattra longtemps du résultat dans la catégorie Album de l’année — rock, remportée par Les Cowboys Fringants grâce à Les Antipodes, préféré aux excitantes parutions de Chocolat (Jazz engagé) et Corridor (Junior). Les Cowboys Fringants ont aussi ajouté à leur collection de Félix ceux du Vidéo de l’année (pour L’Amérique pleure) et Album de l’année — meilleur vendeur.

Avec Après l’orage, Cindy Bédard semblait en bonne posture pour le prix de l’Album de l’année — country, remporté par le vétéran Patrick Norman pour le solide Si on y allait, enregistré à Nashville. On a opté pour une valeur sûre également du côté de l’Album de l’année — réinterprétations, remis à Isabelle Boulay pour En attendant Noël. Le Félix de l’Album de l’année — jazz est revenu à Jacques Kuba Séguin pour l’excellent Migrations, un disque qui, a-t-il déclaré, raconte l’histoire « de familles qui ont décidé de quitter leur pays pour venir s’installer au Québec. […] Nous, les musiciens, on nous demande de nous réinventer, je pense qu’on peut aussi être créatifs dans notre façon de les rémunérer et d’être équitable » envers ces nouveaux arrivants qui contribuent à nous aider à passer au travers cette pandémie.

Tous les artistes en nomination dans la catégorie Album de l’année — musiques du monde méritaient un Félix, mais c’est Zal Sissokho qui l’a décroché pour Kora Flamenca. Idem pour le prix Album de l’année — autres langues, remporté par le collectif d’artistes derrière Nikamu Mamuitun - Chansons rassembleuses ; celui du Spectacle de l’année — autres langues a été attribué à Elisapie. Live au Pas Perdus, du quintette Salebarbes, a été sacré Album de l’année — traditionnel, alors qu’Alexandra Stréliski a étiré son gala de rêve de l’an dernier en remportant le prix de l’Artiste ayant le plus rayonné hors Québec, devant Loud, Hubert Lenoir et Corridor.

La compétition était spécialement relevée dans la catégorie Album de l’année — alternatif, alors que Des feux pour voir, d’Arthur, se mesurait aux albums de Mon Doux Saigneur, P’tit Belliveau, Fred Fortin et Dany Placard, tous salués par la critique. Marie-Pierre Arthur est en lice pour un dernier Félix, celui de l’Interprète féminine de l’année, qui sera remis le 1er novembre prochain, lors du gala animé — en direct, celui-là — par Louis-José Houde.

En effet, l’interdiction de rassemblements a compliqué les plans des organisateurs du gala de l’ADISQ cet automne : Pierre Lapointe, qui animait le gala pour une seconde année, avait préenregistré toutes ses interventions de la Place des Arts et du Théâtre Corona, où les performances de FouKi et Alicia Moffett, Nomadic Massive, Sarahmée et Miro (entre autres) ont été enregistrées ces derniers jours. Chaque artiste en nomination avait enregistré un discours de remerciements, à diffuser en cas de victoire ; Lapointe, les artistes et les téléspectateurs ont appris en direct le résultat des courses. La liste complète des récipiendaires du Premier Gala sur le site de l'ADISQ.

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