Coeur de pirate veut racheter son ancienne maison de disques

Cœur de pirate, lors des célébrations de la fète nationale du Québec en 2019
Photo: Francis Vachon Archives Le Devoir Cœur de pirate, lors des célébrations de la fète nationale du Québec en 2019

Après avoir claqué la porte le mois dernier de sa maison de disques Dare To Care, secouée par la vague de dénonciations qui a mené Éli Bissonnette à quitter ses fonctions de président, la chanteuse Cœur de pirate souhaite maintenant la racheter pour la sauver de la tourmente.

« S’il y a une chose qu’on doit comprendre des récents événements, c’est que les actions créent le changement. Je veux faire partie du changement, je veux donner un nouveau souffle à ce que l’on connaît déjà. C’est pourquoi j’ai déposé une lettre d’intention afin de faire une offre pour l’achat de Dare To Care Records/Grosse Boîte », a annoncé l’artiste Béatrice Martin sur son compte Instagram jeudi après-midi.

Bertrand Legret, directeur chez TACT — qui gère les communications de la maison de disques —, a confirmé au Devoir la réception de la lettre. Il précise que les termes de celle-ci ont été acceptés par Éli Bissonnette, qui est l’unique actionnaire de l’étiquette. « La lettre marque l’ouverture d’une période de discussion exclusive entre les parties dans le but de procéder à une transaction au cours des semaines à venir, sous réserve des vérifications d’usage et de la conclusion de la documentation définitive ».

« Erreur monumentale »

Cœur de pirate, qui a rejoint Dare To Care en 2008, dit l’avoir vue devenir « une entreprise importante [du] milieu culturel », décrivant ses employés comme « des gens très compétents ». Elle ignore si son projet pourra se concrétiser, mais explique que c’était « important pour [elle] de tenter [sa] chance ». « Laisser une partie de notre culture au naufrage serait, selon moi, une erreur monumentale », poursuit-elle.

Début juillet, la maison de disques Dare To Care a été secouée par la vague de dénonciations qui a déferlé sur les réseaux sociaux. Une victime alléguée a dénoncé anonymement des comportements sexuels inappropriés de la part du chanteur Bernard Adamus, représenté par la maison de disques. Celle-ci a directement coupé ses liens d’affaires avec l’artiste, publiant une courte note où elle précisait que ses valeurs « prônent un environnement sécuritaire et exempt de toute forme de violence ou d’abus ».

Reconnaissant avoir été au courant des allégations qui pèsent contre Bernard Adamus, le président et fondateur de Dare To Care, Éli Bissonnette, s’est ensuite retiré de ses fonctions.

Dans la foulée, Cœur de pirate et Les sœurs Boulay ont décidé de rompre leurs liens avec la maison de disques.

Les 25 employés de l’agence se sont quant à eux dissociés des gestes d’Éli Bissonnette dans un message Facebook le 9 juillet.

Deux semaines plus tard, Jan-Fryderyk Pleszczynski a été choisi pour assumer la présidence par intérim.

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