A Single Point of Light, Ben Shemie

Dans certains milieux, l’improvisation est portée au rang de forme de manifestation suprême de la création. Une intervention presque divine, quoi. Sans s’en revendiquer entièrement, le second volet du projet solo du leader de la formation montréalaise Suuns y accorde une importance majeure. La suite de A Skeleton (2019), enregistrée elle aussi d’une traite telle quelle, commence comme quelque chose qui naît au fond de soi et qui grandit, qui s’épanouit lentement dans le corps et sous la peau. Shemie réussit le paradoxal pari d’évoquer le miracle du vivant simplement à l’aide de machines et de son inimitable voix minérale. Pouls, battements, réverbérations et tensions savamment maintenues s’enchaînent dans cette fable sonore monastique. S’il n’y a qu’un seul point de lumière dans les ténèbres, il indique la direction, franche et solennelle, dense et mystifiante. La chose regrettable dans tout cela, c’est que ça doit être encore mieux sur scène.

A Single Point of Light

★★★★
​Électronique

Ben Shemie, Hands in the Dark