Folk’n’Roll, vol. 1: Tales of Isolation, J.S. Ondara

Ça ne s’invente pas : c’est à Minneapolis que J.S. Ondara, confiné chez lui, a écrit, composé et enregistré ces onze chansons. Juste avant. Comme si ça s’en venait — la poudrière raciste, le meurtre de George Lloyd, le soulèvement, l’affrontement, la répression, la ville en flammes, la Garde nationale — et qu’il fallait que ces chansons sortent. Toutes simples, ces chansons, presque des reportages. Des chansons pour nommer, dire, témoigner. À la manière d’un Woody Guthrie (ou d’un Springsteen), chaque titre aborde un sujet en particulier : l’ostracisation dans Pulled Out of the Market, l’appel jamais entendu par Mr. Landlord, le vrai malheur de la distanciation physique (Six Feet Away), la traîtrise de l’ennui dans Isolation Boredom Syndrome, la descente aux enfers dans Isolation Depression Syndrome, le drame d’avant les consignes dans Isolation Blues (Blame It on the Pathogen). Un disque terrible, triste… et magnifique. Collision inévitable, album indispensable.

Écoutez Mr. Landlord