2019, Lucy Dacus

Quiconque a vu Lucy Dacus en spectacle cette année aura entendu sur scène l’un ou l’autre des sept morceaux de 2019, sortis au compte-gouttes depuis janvier et finalement rassemblés le mois dernier. Dans l’idée de sortir du canevas rigide d’un album, la musicienne américaine s’est inspirée de sept fêtes (officielles ou non) pour les explorer en satellite, c’est-à-dire sans tout leur clinquant. La méthode Dacus fait encore bel effet : des phrases simples et claires comme des gifles, une voix de basse ronde et mesurée, des accords vifs et serrés comme un tricot. Si ses quatre reprises — dont La vie en rose d’Édith Piaf et In the Air Tonight de Phil Collins — ont certes une ligne de guitare électrique aiguisée, Lucy Dacus marque bien davantage avec ses trois pièces inédites, qui racontent la solitude de l’après-fête (Fool’s Gold), le poids de l’héritage féminin (My Mother and I) et la culpabilité inhérente au statut de citoyen américain (Forever Half Mast). Quoi qu’elle fasse, vraiment, Lucy Dacus n’est pas de son jeune âge.

2019

★★★ 1/2
Indie rock

Lucy Dacus, Matador